Javier Bardem

« Une gueule tombée du ciel,
venue de l’Antiquité »

 


Posté le 10.09.2018 à 14H30


 

L’acteur espagnol Javier Bardem confirme sa venue : il fera l’objet d’un hommage, rejoignant ainsi tous ceux qui nous font l’honneur d’être présents pour la 10e édition du festival Lumière. Nous sommes très heureux de l’accueillir pour la première fois à Lyon.

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Né à Las Palmas dans les îles Canaries, Javier Bardem est issu d’une longue lignée d’artistes et de comédiens, petit-fils, fils et frère d’actrices et d’acteurs. Il est aussi le neveu du cinéaste et scénariste Juan Bardem, réalisateur dans l’Espagne de Franco de Mort d’un cycliste (1955) et de Calle Mayor (1956).

Après des débuts, à 20 ans, chez Bigas Luna (Les Vies de Loulou), Javier Bardem est remarqué par Pedro Almodóvar qui lui confie un petit rôle dans Talons aiguilles. Le jeune acteur poursuit, fidèle, chez Bigas Luna, lequel l’accompagne dans l’exploration de personnages aux antipodes. C’est son rôle dans le réjouissant Jambon, jambon (1992), aux côtés de Penelope Cruz, qui lui assure une belle renommée en Espagne et ailleurs. Sa popularité croît rapidement et Bardem se voit sacré meilleur acteur aux Goya en 1996 pour Bouche à Bouche de Victor Ventura. Mais c’est son interprétation très extraordinaire dans En chair et en os de Pedro Almodóvar qui lui offre la consécration en même temps qu’il confirme sa place parmi les plus grands acteurs de l’histoire du cinéma.

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Biutiful
d'Alejandro González Iñárritu (2010)


Sur le fil dans Avant la nuit de Julian Schnabel, qui évoque le sort des homosexuels à Cuba, il voyage dans les univers de cinéastes tous choisis pour leur style et leur esprit, et nourrit son jeu d’une infinité de nuances. Sa performance dans Mar adentro d’Alejandro Amenábar, succès critique et public, marque un tournant dans sa carrière. Bardem joue ensuite chez Michael Mann (Collatéral), Woody Allen (Vicky Cristina Barcelona), Milos Forman (Les Fantômes de Goya), Mike Newell (L’Amour aux temps du choléra). Entretemps, Bardem travaille à Barcelone avec Alejandro González Iñárritu, dans Biutiful, pour lequel il reçoit le prix d’interprétation à Cannes.

Avec No Country for Old Men des frères Coen, il est à nouveau en compétition à Cannes en 2008 : il devient aussi le premier acteur espagnol à remporter un Oscar (pour le meilleur second rôle). Il y campe l’inoubliable et terrifiant personnage d’Anton, un tueur psychopathe doté d’une drôle de coiffure. « Je ne sais pas conduire, je parle mal l’anglais et je hais la violence » avait-il d’abord dit aux Coen pour les décourager. « C’est exactement pour ça que l’on te veut ! » lui répondirent-ils.

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No Country for Old Men
d'Ethan et Joel Coen (2008)

« Une gueule tombée du ciel, venue de l’Antiquité, dit de lui Alejandro González Iñárritu. Un minotaure à la force primitive. » Aujourd'hui, il se prépare à incarner dans une mini-série le personnage du conquistador Hernán Cortés. On l’a vu aussi s’amuser dans des blockbusters hollywoodiens (Skyfall, Pirates des Caraïbes) ou se laisser emporter par un auteur comme Darren Aronofsky dans l’extravagant Mother!, à chaque fois avec la même intégrité. Intégrité dont il a aussi fait preuve à l’occasion de nombreux combats, sur lesquels il est aussi discret qu’engagé.

En mai dernier, Bardem a figuré aux côtés de son épouse Penelope Cruz et de l’acteur argentin Ricardo DarÍn au générique de Todos lo saben (Everyody Knows) du réalisateur iranien Asghar Farhadi, présenté en ouverture du Festival de Cannes et qui à ce jour a rassemblé plus de 800 000 spectateurs français.

Le film est actuellement présenté au festival de Toronto, où l'acteur a donné une interview à Pablo Scholz, du quotidien argentin Clarín : « Les hommes doivent apprendre à se défaire de la culture du machisme dans laquelle on les a élevés et pas seulement en Espagne, a-t-il déclaré. Entre les femmes et les hommes, il n’y avait aucune équité en matière de salaires ou en matière de droits. C’est en train de changer et c’est un pas de géant. Ce n’est pas une mode. »

Dans la même intention que le festival Lumière de redire à quel point aller au cinéma est un acte sacré, l’acteur a aussi dit : « Le cinéma est quelque chose de très proche de la religion. Être dans une salle, c’est comme être dans une église. »

À l’occasion de sa venue à Lyon, Javier Bardem rencontrera les spectateurs à la Comédie Odéon pour une master class publique. Il présentera également les films suivants : En chair et en os de Pedro Almodóvar (Carne trémula, 1997), Les Lundis au soleil de Fernando León de Aranoa (Los lunes al sol, 2002), No Country for Old Men d’Ethan et Joel Coen (2007), Biutiful d’Alejandro González Iñárritu (2010) et Everybody Knows d’Asghar Farhadi (Todos lo saben, 2018).

 

En collaboration avec Memento Films, ARP Sélection, Tamasa,
Mary X Distribution, Le Petit Bureau.
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