Une cinéaste dans l’Angleterre des 50's

Muriel Box


Posté le 24.07.2018 à 12H



Prolifique scénariste méconnue du grand public, Muriel Box s’est illustrée comme réalisatrice à une époque où le cinéma était uniquement dominé par les hommes. Dans le cadre de la série « Histoire permanente des femmes cinéastes » qui a célébré les films d’Ida Lupino, de Larissa Chepitko ou de Dorothy Azner, le festival Lumière, en compagnie du British Film Institute et du Festival de Donostia San Sebastian, lui rend hommage.


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Née en 1905 au Sud de Londres, Muriel Box se passionne très vite pour le cinéma et ne rate jamais une occasion de découvrir les nouvelles sorties. Après des débuts comme scripte chez British International Pictures, elle entame une collaboration fructueuse avec le journaliste Sydney Box – qui devient son époux – et écrit près de 40 pièces dont les personnages sont majoritairement féminins. S’affirment déjà ses revendications féministes au sein d’une industrie qui voit alors la jeune femme d’un mauvais oeil.

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Via Verity Films, le couple se lance dans la production de films de propagande, ce qui permet à Muriel Box de réaliser son premier film, The English Inn. Vient ensuite un long métrage de fiction, Le Septième voile (1945), qui vaut au duo une reconnaissance immédiate et l’Oscar du meilleur scénario original l’année suivante. L’indéboulonnable Anglaise écrit une série de comédies légères (Easy Money, Here Come the Huggetts…) dans la foulée et offre plusieurs rôles à la jeune Petula Clark. Son travail se caractérise alors par un intérêt marqué pour des thèmes d’actualité : la situation politique en Irlande, l’avortement, la sexualité chez les adolescents…

Muriel Box s’attaque ensuite à la bataille des sexes de façon plus frontale mais toujours avec humour (L’Étranger amoureux, The Truth About Women ou encore Rattle of a Simple Man). Ses idées continuent d’être critiquées ; des actrices tentent même de la faire expulser des tournages – ce qui se produit sur So Long at the Fair mais n’aboutit pas sur Simon et Laura ; un revers qui la pousse progressivement vers l’écriture de romans et la création d’une maison d’édition féministe qui connaitra un grand succès.

Muriel Box s’éteint en 1991, laissant derrière elle 16 films comme réalisatrice, 25 en tant que scénariste et plusieurs ouvrages. La rétrospective que lui consacre le festival Lumière s’inscrit dans la série « Histoire permanente des femmes cinéastes » qui a précédemment mis en avant le travail de Barbara Loden, Dorothy Arzner, Larissa Chepitko, Ida Lupino ou encore Christine Pascal.

 


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Tournage de Simon et Laura (1955)

 

Des films de Muriel Box au festival Lumière !
Les informations en septembre.

 

 

En collaboration avec le Festival de Donostia San Sebastian et le British Film Institute
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Catégories : Lecture Zen