Billetterie

L'Amour de Jeanne Ney

Die Liebe der Jeanne Ney

de Georg Wilhelm Pabst , Allemagne , 1927

Une petite ville de Crimée, pendant la Révolution. Un jeune bolchevik, Andreas (Uno Henning), est amoureux de Jeanne Ney (Édith Jeanne), la fille d’un Français installé en Russie (Eugen Jensen). Il est chargé d’arrêter le père de la jeune fille, mais celui-ci résiste et Andreas est contraint de l’abattre. Jeanne, de retour en France, s’installe chez son oncle (Adolf E. Licho), un répugnant détective privé et sa fille Gabrielle (Brigitte Helm). Un escroc, Khalibiev (Fritz Rasp), se fiance avec Gabrielle, tout en courtisant Jeanne. L'oncle est assassiné…

 

AMOUR-DE-JEANNE-NEY

 

Connu, entres autres, pour La Rue sans joie (1925) et Loulou (1928), G. W. Pabst a réalisé entre ces deux films, en 1927, L'Amour de Jeanne Ney, adaptation d'un roman subversif de l’écrivain russe Ilya Ehrenbourg, dont l’action se déroule entre la Crimée et Paris. Pabst trace le portrait de la révolution, de l’armée bolchévique et de son chef, avenant et souriant. Scandale : le film est jugé trop favorable aux Soviétiques, alors décrits comme des brutes sanguinaires au couteau entre les dents. La UFA intervient et censure.

Avec cette histoire d’amour sur fond de révolution, Pabst s’attaque à un univers peu aimable : une petite-bourgeoise cupide et corrompue, des mariages d’intérêt sans amour… Seul un amour fou peut triompher de cet environnement veule.

On avait demandé à Pabst de filmer "à l’américaine", c’est-à-dire dans un style qui ne devait encore rien à l’expressionnisme allemand. Il filme donc dans des décors naturels, saisissant de vrais passants dans les rues parisiennes, organisant lui-même la scène d’orgie en fournissant filles et alcool à des officiers russes, et attendant que cela dégénère pour démarrer le tournage… Sa caméra est mobile, captant un geste, suggérant un environnement. Dans un style réaliste, Pabst développe un sens de la description éblouissant.

« Par cette rigueur dans l’expression, ce dépouillement des moyens, L’Amour de Jeanne Ney contient peut-être les recherches les plus réussies de Pabst. Les adieux de Jeanne et Andreas en Crimée, les cheveux de Gabrielle inondant le visage de son père assassiné, la scène du compartiment où s’affrontent Zinajeff et Jeanne, confèrent, parmi d’autres, sa force exceptionnelle au propos de Pabst. Symboliquement, le film, qui s’ouvrait sur une orgie, s’achève dans la pureté d’un diamant libérateur. Comme il fallait s’y attendre, la censure exigea des remaniements qui défigurèrent le film. Mais dans sa version originale, il reste l’un des plus importants de toute l’œuvre de Pabst et peut-être celui qui, sans fracas, exprime sa révolution la plus véhémente. » (Yves Audry et Jacques Peta, Anthologie du cinéma n°37, juillet 1968)

L'Amour de Jeanne Ney (Die Liebe der Jeanne Ney)
Allemagne, 1927, 1h44, noir et blanc, format 1.33

Réalisation : Georg Wilhelm Pabst
Scénario : Rudolf Leonhardt, Ladislaus Vajda, d’après le roman éponyme d’Ilya Ehrenbourg
Photo : Robert Lach, Fritz Arno Wagner      
Montage : Georg Wilhelm Pabst, Marc Sorkin
Direction artistique :  Otto Hunte, Victor Trivas
Production : Universum Film (UFA)
Interprètes : Édith Jeanne (Jeanne Ney), Uno Henning (Andreas Labov), Fritz Rasp (Khalibiev), Brigitte Helm (Gabrielle), Adolf E. Licho (Raymond Ney), Eugen Jensen (Alfred Ney), Hans Jaray (Poitras), Sig Arno (Gaston), Hertha von Walther (Margot)

Sortie en Allemagne  : 6 décembre 1927

Exclusivité Institut Lumière
Restauration 2K
Distribution : Tamasa. Ressortie en salles le 30 octobre.

 

Séances
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Icone Billet 17ACHAT  ve 18 16h15 - Institut Lumière

 

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