La Classe américaine

souffle ses 30 bougies
 


Posté le 20.10.2023


 

En 1993 Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette réalisent La Classe américaine : une comédie conçue grâce à la technique du mashup (collage d'images) des films de la Warner. Cette oeuvre culte fête ses 30 ans au festival !

 

UN CASTING DE RÊVE

En utilisant les images de films de la Warner des années 50 à 80, le duo Hazanavicius-Mézerette a constitué le plus beau casting de toute l’histoire du cinéma : John Wayne, Henry Fonda, Burt Lancaster, Robert Redford, Lauren Bacall, Dustin Hoffmann, James Stewart, Jacqueline Bisset, Paul Newman... Du côté du doublage des scènes, on retrouve également une distribution de choc : Alain Chabat, Dominique Farrugia, Serge Hazanavicius et Jean-Yves Lafesse. Une fine équipe qui contribue à la légende de La Classe américaine.

DES RÉPLIQUES CULTES

Une enquête sur la mort de « l’homme le plus classe du monde » (John Wayne alias George Abitbol) et un mystère qui plane sur ses dernières paroles : « Monde de merde ». Le point de départ de La Classe américaine est déjà une sacrée promesse. En plus d’une intrigue hors du commun, le film détient certainement le record du nombre de répliques culte à la minute. Des punchlines servies sur un plateau par les plus grands acteurs au monde. « On l’a retrouvé assassiné, il en est mort », lance un de protagonistes, quelques minutes après une leçon de classe donnée par le maître George Abitbol himself : « Le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence ».

UN BIJOU DE MONTAGE

Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette utilise la technique du mashup. Polar, western, péplum, science-fiction et toutes les époques des films de la Warner sont à l’honneur dans cette parodie. Les séquences choisies ont été montées puis doublées en partie par les voix off originelles. Les réalisateurs ont visionné durant des mois les films sans le son : en fonction de ce qu’ils lisent sur les lèvres des personnages et de ce qui les fait rire, la séquence est retenue pour construire la trame du film : « Il y a un extrait qu'on voulait absolument conserver. On y voyait Charles Bronson jouer un Indien. Sans le son, on avait l'impression qu'il disait "chips". Ce passage n'avait aucun intérêt mais il était très drôle », raconte Michel Hazanavicius à L’Express.

PaulNewman
La Classe américaine, 1993 © DR


DES THÈMES ET DES ACCENTS IMPROBABLES


Des animaux préhistoriques partouzeurs de droite, une collecte de pin’s, un supporter de la Juventus de Turin, des cowboys gays et des chips : l’enquête sur la mort de George Abitbol conduit les journalistes à s’interroger sur des sujets existentiels. Les investigations menées sur la fin tragique de « l’homme le plus classe du monde » est aussi prétexte à des accents américains douteux. La 
région dans laquelle George Abitbol rend son dernier souffle, « l'Ocean South Pacific » devient alors « Le soute pacific », les journalistes Peter et Steven se transforment en « Pétère » et « Stévène ». Sans oublier que l’intrigue se passe principalement dans le fameux état du «Tegzas ».

JAMAIS SORTI EN SALLES

Réalisée pour la télévision, La Classe américaine n’est jamais sorti en salles pour des questions de droits. Diffusé sur Canal + le 31 décembre 1993, le film était l’un des chefs d'oeuvre de la télévision que les cinéphiles s’échangeaient sous la forme de cassette VHS. Le film fait son apparition plus tard sur certains sites de partages de vidéos. Découvrir La Classe américaine sur grand écran est donc un événement à ne manquer sous aucun prétexte !



Laura Lépine


 

SÉANCES

La Classe américaine de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette (1993, 1h12)
Pathé Bellecour - Vendredi 20 octobre à 16h30
Institut Lumière (Hangar) - Samedi 21 octobre à 20h45
UGC ConfluenceDimanche 22 octobre à 11h15

 

 

Catégories : Lecture zen