© Léa Rener
SORTIES D'USINE DES FRÈRES COEN
Chorégraphie et flipbook !
POSTÉ LE 18.10.2026
Avec un vrai sens de l’organisation, et des indications précises et judicieusement lapidaires, les cinéastes américains ont traversé la rue…
Le cinéaste Radu Mihaileanu est le premier arrivé dans le Hangar du Premier film, bientôt rejoint par Sabine Azéma qui discute avec la réalisatrice Danièle Thompson.
Benoît Magimel, Daniel Auteuil et la cinéaste libanaise Nadine Labaki, invitée d’honneur de cette 18e édition se retrouvent à quelques mètres de l’actrice Frances McDormand, et la scénariste-réalisatrice Tricia Cook. Avant de lancer le tournage, les frères Coen ont visionné dans la salle du hangar les trois versions originelles des Sorties d'usine Lumière, puis le remake signé par Francis Ford Coppola.
Sur le plateau de tournage : « on va d’abord faire un plan sur le flipbook des Sorties d'usine Lumière (clin d’œil aux frères Lumière, petit livret de photographies qui représentent une scène en mouvement), puis on va faire un genre de chorégraphie qui nous conduira à notre version », annonce Joel Coen en montrant le flipbook aux acteurs. Une première répétition pour que chacun prenne ses marques. « Action ! » Devant la caméra, l’acteur-réalisateur James Franco est au premier plan pour la scène du flipbook. Les autres acteurs s’activent de part et d’autre du champs. « Essayez de ne pas trop vous approcher de la caméra », rappelle Ethan Coen. « And cut ! » La troisième prise sera la bonne. Le remake s’ouvre sur un gros plan du flipbook feuilleté par James Franco. Puis la caméra monte lentement : les acteurs entrent dans la danse. Baiser fougueux entre Nadine Labaki et son mari, le musicien Khaled Mouzanar.
Des comédiens enfourchent leurs vélos, d’autres cajolent des chiens, comme dans le film originel. Une bataille entre deux actrices pour un parapluie, et un autre baiser d’anthologie signé Bérénice Béjo et Michel Hazanavicius. « On a beaucoup pratiqué », précise le réalisateur de The Artist. Benoît Magimel ferme le cortège. Dans la salle de projection, le casting ne se trompe pas, la prise numéro 3 est la meilleure. Applaudissements pour les lauréats du 18e Prix Lumière. Sur la scène, Ethan Coen confirme : « je vois que Joel commence à partir, c’est que la prise est bonne ! »
— Laura Lépine