© Léa Rener - Institut Lumière
ÇA SE PASSE AU MIFC
« On se donne mutuellement du courage. »
POSTÉ LE 15.10.2026
Conférence autour de la mise en lumière de deux exploitants européens !
En collaboration avec la CICAE et Europa Cinemas
Madeleine Probst, Watershed (cinéma indépendant) : « Le Watershed a ouvert en 1992, à Bristol au Royaume-Uni, et j'ai trouvé intéressant qu'il y ait un mélange entre le cinéma et la musique dans ce lieu culturel et de création. Depuis 15 ans, on a remarqué qu'il y avait un vrai appétit pour les films de patrimoine. Il y a aussi toujours des films sur pellicule, et on veut continuer de les montrer aux jeunes générations. »
Koen Van Daele, Kinodvor (cinéma municipal d'art et d'essai) : « Mon cinéma a ouvert en 1923, à Ljubljana, en Slovénie,et possède un seul écran. Il n'a jamais cessé de fonctionner depuis. On avait un public très cinéphile, hétéroclite et nombreux. Après le rachat du Kinodvor par la municipalité, en 2012, on a vendu 120 000 billets par an ! Un chiffre qui ne cesse d'augmenter. »
Conférence autour de la mise en lumière de deux exploitants européens ! « Les programmateurs essayent toujours de présenter des classiques du cinéma comme étant des sorties nouvelles. Nous organisons un projet spécial depuis cinq ans : un marathon de cinéma avec les films de patrimoine slovènes uniquement en 35 mm. »
Madeleine Probst : « Le plus gros défi auquel nous sommes confrontés aujourd'hui, c'est le nombre de sorties de films. Nous n'avons que trois écrans au Watershed, il y a des équilibres à trouver entre l'investissement et la distribution. Autre problème : l'augmentation des frais d'énergie. Comment financer une restauration de la toiture du cinéma en tant que bâtiment ? »
Koen Van Daele : « En Slovénie, il est illégal de montrer un film slovène sans sous-titre slovène... Et c'est souvent le coût le plus important pour le visionnage de ces films ! Or, la Slovénie est un petit pays, qui compte peu de lieux de projection, avec peu de moyens. Si nous n'étions pas soutenus par la municipalité, nous ne pourrions pas montrer les films que l'on montre aujourd'hui. »
Madeleine Probst : « Nous avons été très inspirés par le travail du Kinodvor. On se donne mutuellement du courage. Après le Brexit, on a vraiment senti la différence : aujourd'hui on est coupés de tout, alors que ces réseaux d'exploitants sont très importants. Il n'y a pas beaucoup de distributeurs en Slovénie, mais on a tout de même été inspirés par leur façon de faire, et on partage des idées. »
Reportage par Fanny Bellocq