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LE CINÉMA DE SCOLA
Par Maelle Arnaud, directrice de la programmation du festival
POSTÉ LE 14.10.2026
Maelle Arnaud, directrice de la programmation du festival sur Ettore Scola
Le cinéma de Scola c’est quoi ?
C’est la mélancolie. Et plus précisément la mélancolie du temps qui passe. On le constate évidemment dans Nous nous sommes tant aimés, mais aussi dans Drame de la jalousie. C’est l’amour qui est là et qui s’en va, comme dans Quelle heure est-il ?, ou lors du seul jour qui est la durée de la splendeur absolue qu’est Une journée particulière. Scola nous dit que parfois, on a besoin que le temps soit arrêté pour qu’une rencontre se fasse. J’aime énormément cette notion, observer le temps, dire que les choses ont une temporalité. Et c’est regarder parfois vers le passé, sans être pour autant jamais passéiste, mais être bien, là.
Qu’est-ce que son cinéma a apporté de plus important ?
En plus d’avoir été scénariste au service de la comédie italienne, il en est héritier avec par exemple la comédie noire, acerbe, sociale Affreux, sales et méchants. C’est le lien avec le cinéma d’avant lui, teinté d’une désillusion vingt ans après la guerre. Il n’y avait plus de foi dans le boom économique. Il a participé à cet âge d’or. Quand il passe à la réalisation, il introduit une notion de mélancolie absente jusque-là. Ses films ne sont pas dénués de dimension politique, mais il y met de la tendresse. On sent qu’il ferme et ouvre une nouvelle époque en réalisant, qu’il se questionne un peu différemment sur la société italienne.
Votre film préféré ?
Une journée particulière est tellement un beau film d’amour. Je trouve incroyable de réaliser un film sur deux êtres solitaires qui arrivent à se parler tout en mettant du temps, celle d’une journée. Cette parole qui permet d’articuler l’amour, de dire sa solitude, c’est une façon de la rompre. Ça me bouleverse. Quelle heure est-il ? est sur le même registre ave ce père et son fils qui dialoguent.