© Olivier Chassignole - Institut Lumière

MIFC

Sophie Seydoux et Jérôme Seydoux

POSTÉ LE 17.10.2026

Sophie Seydoux, présidente de la Fondation Jérôme-Seydoux Pathé, et Jérôme Seydoux, président de Pathé, sont les invités d'honneur du MIFC.

 


L'IMMORTALITÉ
Sophie Seydoux : La Fondation Jérôme-Seydoux Pathé est dédiée à la conservation de la mémoire. Que ce soit pour les scénarios, les photos de tournage ou les projets d'affiche, on essaye toujours de suivre un film depuis le départ. Sur chaque tournage, on conserve un objet, de manière à avoir des petits bouts de mémoire physiques. 
Jérôme Seydoux : Cela fait bien longtemps qu'on annonce que la salle de cinéma va disparaître : depuis l'époque des frères Lumière ! Selon moi, elle résistera à tout, quoi qu'il arrive. Parce qu'aujourd'hui, dans une société où les gens sont très individualistes, ils ont quand même besoin de se rassembler.
 

 

INTERNATIONAL
J.S : Le développement des salles Pathé en France est quasiment terminé. Le développement se passe désormais à l'étranger. Il faut s'intéresser au reste du monde. Charles Pathé avait déjà une vision internationale. Nous avons déjà commencé à construire des cinémas au Maroc, et ça se passe très bien : nous prévoyons d'en construire un nouveau chaque année. Au mois d'août, qui a été un mois exceptionnel cette année en termes de fréquentation, c'est le cinéma de Casablanca qui a enregistré les meilleurs chiffres. À l'avenir, on pourrait se tourner vers le reste du Maghreb ou vers l'Asie.

 

INNOVER
J.S : Les règles de la fréquentation sont simples : les salles qui marchent le mieux sont les plus modernes, les plus technologiques et les plus chères. Il faut innover. Les spectateurs, notamment les jeunes, veulent ce qui est mieux. Ils ne sont pas tellement concernés par le prix. Pour L'Odyssée de Christopher Nolan, on a installé un projecteur 70 mm au cinéma de Montpellier, le seul de France. Cette salle continue de projeter le film, et affiche complet, tous les jours, à toute heure. Les gens viennent de toute la France, et de l'étranger. Si vous proposez quelque chose d'exceptionnel au public, il viendra.
 

 

LA PLACE DE L'IA
S.S : Je ne peux même pas imaginer qu'on puisse accepter de faire ou restaurer un film avec l'Intelligence Artificielle. À la Fondation Jérôme-Seydoux Pathé, jamais on ne pourrait se permettre d'ajouter une image qui est le résultat d'effets spéciaux. On doit accepter l’œuvre d'un réalisateur, sans la transformer. Il est souvent arrivé qu'on laisse un négatif abîmé tel quel, plutôt que de reconstituer une image qui n'existait pas à l'origine.
 

 

LA PELLICULE
S.S : Quand un film est restauré et numérisé, il faut absolument le remettre sur pellicule. La pellicule se conserve pendant 120 ans. On ne connaît pas le temps de conservation du numérique, et avec l'évolution des technologies, beaucoup d'éléments peuvent disparaître facilement, donc il faut faire très attention. 
 

 

— Propos recueillis par Fanny Bellocq