Arrêtez les tambours
de Georges Lautner · France · 1961 · 1h47
En 1944 à Courdimanche, un village sous l’Occupation. Le maire Leproux (Bernard Blier) est un docteur humaniste, qui aide les maquisards tout en nouant de bonnes relations avec le major Franz (Lutz Gabor), médecin de la garnison allemande. Un soir, un parachutiste anglais blessé cherche du secours auprès des habitants. Seul Leproux accepte de le recueillir et de le cacher.
Georges Lautner acquiert une partie de sa formation technique lors de son service militaire, effectué au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il apprend le métier de projectionniste puis devient opérateur de prises de vue. Ce passage au Service cinématographique des armées lui sera fort utile pour la réalisation d’Arrêtez les tambours. Disposant d’un budget réduit, Georges Lautner ne peut reconstituer à grands frais le conflit, et il récupère de nombreuses images d’archives pour les intégrer au montage. Contournant l’absence de moyens, le cinéaste met en place sur le tournage ce qu’il appelle le « système démerde » : « J’ai fait le débarquement, l’armée américaine, les résistants, l’armée allemande, avec sept personnes ! Mon assistant Claude Vital, habillé en SS, tirait sur un FFI qui n’était autre que lui-même et qui mourrait ainsi victime de sa propre balle… » (Georges Lautner, On aura tout vu, Flammarion, 2005) Arrêtez les tambours est son troisième long métrage, après La Môme aux boutons (1958) – film de commande qu’il ne revendique pas – et surtout Marche ou crève (1960), qui marque le début de sa collaboration avec Bernard Blier. Dans Arrêtez les tambours, l’acteur joue avec bonhomie et retenue un médecin pacifiste, qui privilégie l’humain avant tout, mais sait aussi prendre des risques pour défendre ce qui lui semble juste. Georges Lautner brosse de cette période un tableau nuancé, où les civils français ne sont pour la plupart ni de purs résistants ni de veules collaborateurs, mais des êtres plongés dans un climat délétère, où chaque situation provoque son lot de ragots, tandis que le débarquement allié se fait attendre. Arrêtez les tambours rencontre son public dans les salles et contribue à l’essor de la popularité de Georges Lautner, qui ne se démentira plus.
« Encore un film sur la Résistance ? Oui, certes, mais plus du tout semblable à ceux que l’on conçut, voici quinze ans, dans le conformisme mythologique qui suivit la Libération. En ce temps-là, tout était noir ou blanc, héroïsme ou traîtrise, erreur totale ou vérité absolue. L’intérêt principal du film de Georges Lautner est de reprendre les données classiques du drame en les dépouillant de leur simplicité apparente. Le contexte social de l’époque se trouve reconstitué dans sa complexité. » (Marcel Huret, Télérama, 12 février 1961)
Arrêtez les tambours
France, 1961, 1h47, noir et blanc, format 1.66
Réalisation Georges Lautner
Assistant réalisateur Bertrand Blier
Scénario Georges Lautner, Pierre Laroche, d’après le roman Le Sentier de Richard Prentout
Photo Maurice Fellous
Musique Georges Delerue ; Pierre Barouh
Montage Michelle David
Décors Louis Le Barbenchon
Production Georges Lautner, Compagnie Lyonnaise de Cinéma, Films A. de la Bourdonnaye
Interprètes Bernard Blier (le docteur Leproux), Lucile Saint-Simon (Catherine), Anne Doat (Dany), Lutz Gabor (Franz), Béatrice Bretty (Germaine), Henri Virlojeux (le garde-champêtre), Daniel Sorano (le chef des résistants), Jacques Chabassol (le premier resistant), Pierre Barouh (le second resistant), Paulette Dubost (la veuve), Jacques Marin (l’épicier)
Sortie en France 1er février 1961
Label Lumière Classics
DCP en exclusivité pour le festival.
Restauration 4K 2026 au laboratoire Cosmodigital.
Distributeur : LCJ Editions