Caramel
Sukkar banat
de Nadine Labaki · France, Liban · 2007 · 1h36
À Beyrouth, cinq femmes se côtoient dans un institut de beauté. Layale (Nadine Labaki), la propriétaire du salon, habite encore chez ses parents et entretient une liaison avec un homme marié. Nisrine (Yasmine Al Masri) travaille à ses côtés et doit cacher à son futur époux qu’elle n’est plus vierge. La shampouineuse Rima (Joanna Moukarzel) est attirée par une belle cliente. Jamale (Gisèle Aouad), une habituée, est hantée par la peur de vieillir. Rose (Siham Haddad), la voisine, s’est occupée toute sa vie de sa sœur aînée. Au sein de l’institut, toutes s’entraident et se confient.
Après des études audiovisuelles à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, Nadine Labaki acquiert une solide expérience en tournant des publicités et des clips. Soutenue par la productrice Anne-Dominique Toussaint, elle développe le scénario de Caramel dans le cadre de la résidence organisée par la Cinéfondation. En situant son récit dans un institut de beauté, elle souhaite mettre l’accent sur la condition féminine au Liban, un pays en apparence ouvert mais où subsistent de nombreux tabous : « Je me suis toujours posé des questions à propos de la femme libanaise, oscillant moi-même entre deux mondes, la culture occidentale moderne, qui nous offre l’image d’une femme émancipée, et l’univers oriental, lourd de traditions. Chrétiennes ou musulmanes, nous subissons le poids de l’éducation rigide, de la religion toujours très présente. Nous avons la volonté de bien faire, de ne pas décevoir et vivons dans la crainte du regard des autres, dans la hantise du jugement. » (Nadine Labaki, Le Figaro, 15 août 2007)
Décor animé et coloré, l’institut de beauté est une chambre d’écho où résonnent les difficultés que rencontrent les femmes dans la société, qu’il s’agisse de vivre une relation clandestine ou d’assumer son homosexualité. Le titre, qui fait référence à la cire épilatoire utilisée par les esthéticiennes, donne également le ton du film, comédie aigre-douce où l’humour permet d’aborder des sujets délicats. Nadine Labaki, qui tient le rôle principal, a recruté comme partenaires de jeu des comédiennes non-professionnelles, en privilégiant leur personnalité. Le tournage s’est achevé quelques jours avant le déclenchement du conflit israélo-libanais en juillet 2006. Ne faisant aucune référence à cette actualité ni à la guerre passée, Caramel est un film chaleureux, porteur d’espoir et de tolérance.
« L’œuvre a tout du film piégé : ça avance vers vous l’air de rien, en jouant les modestes, petite friandise de rien du tout, mais à la sortie vous réalisez qu’un film vous a glissé à l’oreille quelques trucs salés sur la société qui l’entoure. En l’occurrence, toute une société civile libanaise, moderne, mixte (filles / garçons, chrétiens / musulmans), relativement libre, totalement contradictoire (la religion contre la sensualité à tout crin), merveilleusement déboussolée (et menacée). » (Philippe Azoury, Libération, 15 août 2007)
Caramel (Sukkar banat)
France, Liban, 2007, 1h36, couleurs, format 1.85
Réalisation Nadine Labaki
Scénario Nadine Labaki, Jihad Hojeily, Rodney Al Haddad
Photo Yves Sehnaoui
Musique Khaled Mouzanar
Montage Laure Gardette
Décors Cynthia Zahar
Costumes Caroline Labaki
Production Anne-Dominique Toussaint, Rémi Burah, Les Films des Tournelles, Les Films de Beyrouth, Roissy Films, Sunnyland, Arte France Cinéma
Interprètes Nadine Labaki (Layale), Yasmine Al Masri (Nisrine), Joanna Moukarzel (Rima), Gisèle Aouad (Jamale), Siham Haddad (Rose), Adel Karam (Youssef), Aziza Semaan (Lili), Fadia Stella (Christine), Ismaïl Antar (Bassam)
Présentation au Festival de Cannes 20 mai 2007
Sortie au Liban 9 août 2007
Sortie en France 15 août 2007
Distributeur : Pathé