Danse avec les loups

Dances with Wolves

de Kevin Costner · États-Unis, Royaume-Uni · 1990 · 3h56

Décoré pour acte de bravoure, le lieutenant nordiste Dunbar (Kevin Costner) choisit d’être affecté dans un fortin isolé, poste avancé et solitaire sur une frontière mouvante à mesure que les Blancs conquièrent les territoires indiens. Il organise sa vie d’ermite en attendant l’arrivée de la garnison.

« Je n’ai pas cherché, en faisant ce film, à manipuler vos sentiments, à réinventer le passé, ou à régler son compte à l’Histoire. J’ai simplement voulu regarder de façon romantique une période épouvantable de l’Histoire de mon pays, quand l’expansion à tout prix, au nom du progrès, nous apporta finalement très peu, mais nous coûta beaucoup. » (Kevin Costner)

En 1990, Kevin Costner est au faîte du succès, tournant avec Brian De Palma ou Tony Scott. Pour son passage derrière la caméra, il décide d’endosser également les rôles de producteur et rôle principal d’un projet très ambitieux. Le succès est immédiat, et le film multi-récompensé (sept Oscars, Ours d’argent à la Berlinale…).

Danse avec les loups est un western hors catégorie. Par la façon dont il filme la nature, les animaux, il tiendrait presque du documentaire. Le cinéaste, dans son hommage respectueux à un peuple massacré, tient à la justesse historique de la reconstitution. L’usage de la langue lakota (avec l’appui d’Albert White Hat et Doris Leader Charge, native americans, linguistes et enseignants), les costumes et les tipis fabriqués selon les méthodes traditionnelles avec les bons matériaux, le respect du protocole, les plus de 250 Sioux participant au tournage… tout participe à la véracité du propos. Selon les spécialistes, Danse avec les loups est peut-être le premier film à avoir à ce point saisi cette part de l’Histoire des États-Unis, le premier western à s’être aventuré à la rencontre si documentée des Sioux.

Hymne à la découverte et à la compréhension de l’autre, le film se partage entre le rythme soutenu des scènes d’action (l’épique scène des bisons par exemple) et celui plus doux de la contemplation et du voyage intérieur. Tel un ermite, Dunbar consigne ses impressions et découvertes dans son journal. Ce film généreux aux accents idéalistes bouleverse le regard de l’Amérique sur un passé pas si lointain.

« Kevin Costner pour son premier film en tant que metteur en scène fait passer sur les écrans un souffle dont le secret semblait avoir été perdu. Il faut admirer non seulement l'audace d'un débutant qui entreprend un western (genre réputé depuis longtemps non commercial) long de trois heures et souvent parlé en lakota avec des sous-titres anglais, mais aussi l’impressionnante réussite d’une œuvre qui semble renouer avec l’enfance de l’art. La force primitive, le naturel, la chaleur humaine de Danse avec les loups rejoignent ceux du Dernier des Mohicans de Maurice Tourneur ou de Sur la piste des géants de Raoul Walsh. Qu'il s'accompagne d'un regard généreux sur la culture rendue à son authenticité achève de nous combler. » (Coll., Positif n°360, février 1991)

Sydney Pollack, réalisateur de Jeremiah Johnson (1972) disait à l’époque : « Costner est le seul acteur de sa génération à véhiculer encore les vieux mythes du cinéma américain ». Des mythes qu’il continue à interroger depuis 2024 et le premier volet de sa série de longs métrages Horizon : Une saga américaine.

Danse avec les loups (Dances with Wolves)
États-Unis, Royaume-Uni, 1990, 3h56, couleurs, format 2.39

Réalisation Kevin Costner
Scénario Michael Blake, d’après son roman éponyme
Photo Dean Semler
Musique John Barry
Montage Neil Travis
Décors Jeffrey Beecroft
Costumes Elsa Zamparelli
Production Jim Wilson, Kevin Costner, TIG Productions, Majestic Films International

Interprètes Kevin Costner (Lieutenant Dunbar, "Danse avec les loups"), Mary McDonnell ("Dressée avec le poing"), Graham Greene ("Oiseau bondissant"), Rodney A. Grant ("Cheveux au vent"), Floyd Red Crow Westerman ("Dix ours"), Tantoo Cardinal ("Châle noir"), Robert Pastorelli (Timmons), Charles Rocket (Lieutenant Elgin), Maury Chaykin (le major Fambrough), Jimmy Herman ("Jarret de pierre"), Nathan Lee Chasing His Horse ("Sourit beaucoup")

Sortie aux États-Unis 21 novembre 1990
Présentation à la Berlinale février 1991
Sortie en France 20 février 1991

Restauration 4K 2026 de la version longue en collaboration avec le festival du film de Locarno, dans le cadre du projet Locarno heritage. 
Distributeur : Studiocanal
Ressortie prochainement en salles .