Dernier train pour Busan
Busanhaeng
de Yeon Sang-ho · Corée du Sud · 2016 · 1h58, int-12ans
Débordé par son travail, le trader Seok-woo (Gong Yoo) manque d’attention envers sa fille Su-an (Kim Su-an). Il doit l’emmener à Busan afin qu’elle y retrouve sa mère, dont il est séparé. Alors que tous deux s’installent dans le train, une jeune femme en proie à un mal inconnu monte à bord. Les passagers ne le savent pas encore, mais une épidémie ravage la Corée du Sud et ils vont bientôt se retrouver aux prises avec une horde de zombies…
Dernier train pour Busan est le premier film en prises de vues réelles de Yeon Sang-ho, qui s’est d’abord fait connaître dans l’animation. Dès le prologue, où un cerf renversé par un camion ressuscite mystérieusement, le cinéaste installe le fantastique au cœur du quotidien. Présenté en séance de minuit à Cannes, Dernier train pour Busan ne cherche pas à réinventer le genre du film de zombies, mais plutôt à en tirer le meilleur parti visuel et narratif. En concentrant son intrigue dans un KTX, l’équivalent sud-coréen du TGV, Yeon Sang-ho crée une tension maximale, chaque wagon devenant à la fois un refuge et une prison.
Pour éviter d’être transformés à leur tour en créatures assoiffées de sang, les rares survivants doivent s’entraider et ruser. Yeon Sang-ho met en scène une petite communauté représentative de toute la société : un couple qui attend un enfant, un lycéen membre d’une équipe de baseball et son amie pom-pom girl, deux sœurs retraitées, un homme d’affaires individualiste… Le héros Seok-woo évolue quant à lui au fil du récit : dépeint au départ comme un père négligent, obsédé par sa carrière, il révèle son humanité à mesure qu’il doit protéger sa fille.
Dans la lignée du cinéma de George A. Romero, Dernier train pour Busan peut être vu comme une parabole, dénonçant les dérives d’un capitalisme effréné et pointant les fractures d’un pays divisé. Mais le film est d’abord un tour de force plastique, ménageant de belles visions horrifiques avec ses zombies qui se rassemblent parfois en meute, formant une boule de chair prête à s’abattre sur ses proies. Triomphe au box-office, Dernier train pour Busan inspire au réalisateur une suite, Peninsula, sortie en 2020.
« Comment faire barrage aux créatures ? Comment les esquiver ou se frayer un chemin entre elles ? Comment passer d’un wagon à l’autre pour rejoindre ses congénères ? […] Yeon Sang-ho fait feu de tout bois : scène après scène, il installe une série de règles ludiques qui régissent la survie des personnages et démultiplient les enjeux. » (Mathieu Macheret, Le Monde, 17 août 2016)
Dernier train pour Busan (Busanhaeng)
Corée du Sud, 2016, 1h58, couleurs, format 1.85
Réalisation Yeon Sang-ho
Scénario Yeon Sang-ho, Park Joo-suk
Photo Lee Hyung-deok
Musique Jang Young-gyu
Montage Yang Jin-mo
Décors Lee Mok-won
Costumes Rim Seung-hee, Kwon Yoo-jin
Production Lee Dong-ha, Kim Yeon-ho, Next Entertainment World, RedPeter Film, Movie Comics
Interprètes Gong Yoo (Seok-woo), Jung Yu-mi (Seong-kyeong), Ma Dong-seok (Sang-hwa), Kim Su-an (Su-an), Kim Eui-sung (Yon-suk), Choi Woo-sik (Yong-guk), Ahn So-hee (Jin-hee), Ye Soo-jung (In-gil), Park Myung-shin (Jong-gil)
Présentation au Festival de Cannes 13 mai 2016
Sortie en Corée du Sud 20 juillet 2016
Sortie en France 17 août 2016
Distributeur : ARP Sélection