Éclair de lune
Moonstruck
de Norman Jewison · États-Unis · 1987 · 1h42
Loretta (Cher), jeune veuve de 37 ans, est retournée vivre en famille à Brooklyn après le décès de son époux. Cela fait sept ans qu’elle est seule. Décidée à se remarier, elle accepte à contrecœur la proposition d’un de ses prétendants, Johnny Cammareri (Danny Aiello). Alors qu’il s’envole pour la Sicile, au chevet de sa mère prétendument mourante afin d’obtenir sa bénédiction, Johnny charge Loretta de convaincre son frère Ronny (Nicolas Cage) de venir à la noce. Loretta se rapproche de ce beau-frère jusque-là si solitaire…
« *Le scénario d'*Éclair de lune m'a tout de suite séduit par sa musicalité. C'est une sorte d'opéra cinématographique, avec un soprano lyrique (Loretta, l'héroïne), un baryton (Mr. Johnny, son fiancé), un ténor (Ronny, son amant) et une basse (Cosmo, son père). », confiait le Canadien Norman Jewison à la sortie du film. Le cinéaste renoue ici avec la grande tradition de la comédie américaine aux accents italiens, jouant avec tendresse du folklore et d’une joie toute méditerranéenne. Plusieurs générations se croisent, interfèrent, vont et viennent, un brin loufoques, dans cette séduisante comédie de mœurs. Tous les seconds rôles apportent leur touche à cette peinture typiquement italo-américaine, chacun à son tour interprète son aria. Et au centre de cette émulation, il y a Loretta et Ronny, joués par Cher et Nicolas Cage. Ils sont un duo ravageur, se révélant l’un l’autre, la jeune femme qui sous son masque du veuvage cache un tempérament exalté, et le mitron amputé qui ne demande finalement qu’à sortir de sa solitude.
Cette variation sur les effets de la pleine lune sur les corps échauffés célèbre le triomphe de la joie et du plaisir sur la vie routinière. Une fraîcheur des sentiments toujours bienvenue. Éclair de lune sera récompensé par trois Oscars (pour les actrices Cher et Olympia Dukakis, et pour le scénariste John Patrick Shanley). Une consécration que l’auteur américain Bill Krohn avait pronostiquée : « C'est un des meilleurs films de Norman Jewison et aussi un recueil de clichés. […] Cher est adorable dans son premier rôle de comédie romantique, et Nicolas Cage, ajoutant un nouveau rôle à la série de personnages dingues au verbe haut dont il semble s'être fait la spécialité, prononce le meilleur discours du scénariste John Patrick Shanley: « Nous ne sommes pas ici pour rendre tout parfait; nous sommes ici pour nous détruire! » […] Le vénérable langage cinématographique du champ/contrechamp est utilisé pour créer une famille imaginaire à laquelle tout un chacun peut appartenir et dans laquelle Cage, le mouton noir, est facilement intégré à la fin. Le point de vue en surplomb du cinéaste — son rôle d'observateur, d'entremetteur et de maître des réjouissances invisible — est symbolisé par de jolis plans de la lune dominant la ville et influençant chacun de ses émanations érotiques, et par la figure classique du fiancé stupide de Cher, entremetteur malgré lui […]. Bref, Moonstruck a tout pour plaire aux vieux routiers de l'Académie, éternels nostalgiques — comme nous — des splendeurs du cinéma d'avant-hier. » (Cahiers du cinéma n°405, mars 1988)
Éclair de lune (Moonstruck)
États-Unis, 1987, 1h42, couleurs, format 1.85
Réalisation Norman Jewison
Scénario John Patrick Shanley
Photo David Watkin
Musique Dick Hyman ; Dean Martin, Vikki Carr, Renata Tebaldi, Carlo Bergonzi…
Montage Lou Lombardo
Décors Philip Rosenberg
Costumes Theoni V. Aldredge
Production Norman Jewison, Patrick Palmer, Metro-Goldwyn-Mayer, Star Partners
Interprètes Cher (Loretta Castorini), Nicolas Cage (Ronny Cammareri), Vincent Gardenia (Cosmo Castorini), Olympia Dukakis (Rose Castorini), Danny Aiello (Mr. Johnny Cammareri), Julie Bovasso (Rita Cappomaggi), John Mahoney (Perry), Louis Guss (Raymond Cappomaggi), Feodor Chaliapin (le grand-père)
Sortie aux États-Unis 15 janvier 1988
Sortie en France 16 mars 1988
Restauration 4K MGM pour les 40 ans du film.
Première française de ce DCP en VOSTF au festival.
Distributeur : Park Circus