F.I.S.T.

de Norman Jewison · États-Unis · 1978 · 2h14

Cleveland, 1937. Johnny Kovak (Sylvester Stallone), d’origine polonaise, est manutentionnaire au déchargement des camions. Après avoir dénoncé les conditions de travail de ses collègues, il est licencié. Il est alors approché par le syndicat des camionneurs – The Federation of Inter State Truckers – qui recherche des membres qui n’ont pas peur d’en découdre. Kovak milite, les adhésions se multiplient, son influence se déploie. Au cours d’une grève difficile, il accepte le coup de main de la mafia.

L’histoire des mouvements des travailleurs est un pan essentiel de l’histoire sociale des États-Unis. Des luttes pour les droits et des personnages charismatiques, de quoi inspirer au cinéma des films tels que Les Raisins de la colère de John Ford (1940) ou Sur les quais d’Elia Kazan (1954).

L’une des figures les plus importantes du syndicalisme américain est sans doute Jimmy Hoffa, leader des Teamsters, connu pour ses liens avec la mafia et disparu mystérieusement en 1975 (Martin Scorsese le fera incarner par Al Pacino en 2019 dans The Irishman). C’est de sa vie que s’inspire le personnage de Johnny Kovak, sur un scénario de Joe Eszterhas, alors journaliste à Rolling Stone, qui signe ici son premier script.

Avec ses 2 millions d’adhérents, le F.I.S.T. a une force de frappe exceptionnelle, capable de paralyser l’économie américaine. Le film de Jewison suit le parcours sur plusieurs décennies de Kovak, jeune militant devenu le leader de cet organisme extrêmement puissant, sa montée en puissance jusqu’à ses compromissions avec la pègre. En parallèle, une période importante de la construction des États-Unis, faite de lutte, de victoire et de défaite, de violence aussi, en particulier contre les piquets de grève des années 30. La reconstitution est juste, très documentée, et la photo de László Kovács donne vie et couleurs aux images ancrées dans les souvenirs collectifs d’une Amérique populaire.

Et il y a Sylvester Stallone. C’est lors d’une projection privée de Rocky, avant même sa sortie officielle, que Norman Jewison choisit de donner le rôle principal à l’acteur encore inconnu du grand public. Le comédien s’investit au-delà de son interprétation, travaillant son rôle et les dialogues avec Joe Eszterhas. « Sylvester Stallone est un cas dans le cinéma américain actuel. Ce n'est pas qu'un acteur. C'est son talent de scénariste-dialoguiste qui a permis à Rocky de voir le jour, et c'est sa détermination et son courage qui lui ont permis de s'imposer aux producteurs comme interprète de son sujet. Il a un sens dramatique très développé, il a une oreille particulière pour attraper le dialogue en situation – et lui-même, comme interprète, il utilise les mots avec une couleur, une saveur, qui lui sont propres. De plus, je pense qu'il est exactement l'acteur qu'il fallait pour incarner Johnny Kovak. » (Norman Jewison, 1978)

F.I.S.T.
États-Unis, 1978, 2h14, couleurs, format 1.85

Réalisation Norman Jewison
Scénario Joe Eszterhas, Sylvester Stallone, d’après une histoire de Joe Eszterhas
Photo László Kovács
Musique Bill Conti
Montage Graeme Clifford
Décors Richard MacDonald
Costumes Anthea Sylbert
Production Norman Jewison, Huron Productions

Interprètes Sylvester Stallone (Johnny Kovak), Rod Steiger (le sénateur Andrew Madison), Peter Boyle (Max Graham), Melinda Dillon (Anna Zerinkas), David Huffman (Abe Belkin), Kevin Conway (Vince Doyle), Tony Lo Bianco (Babe Milano), Cassie Yates (Molly), Peter Donat (Arthur St. Clair), John Lehne (Mr. Gant)

Sortie aux États-Unis avril 1978
Sortie en France 4 octobre 1978

Ayant-droit : Park Circus