Honey Don’t!
de Ethan Coen · États-Unis · 2025 · 1h29
Bakersfield, Californie. Honey O’Donahue (Margaret Qualley), détective privée, est contactée par une jeune femme effrayée qui sollicite son aide. Le jour de leur rendez-vous, Honey apprend que la jeune femme est décédée dans un accident de voiture. La détective trouve cette mort plus que suspecte. Bientôt la nièce de Honey est portée disparue…
Poursuivant depuis quelques années – comme son frère Joel – une carrière solo, Ethan Coen s’est associé à son épouse, la monteuse Tricia Cooke, pour désormais coécrire ses scénarios. Le nouveau tandem signe en 2024 Drive-Away Dolls, avec Margaret Qualley et Geraldine Viswanathan, premier volet d’une trilogie hommage aux films lesbiens de série B. Lors de sa sortie, le cinéaste expliquait : « Tricia a une sensibilité queer distincte, éloignée du style sophistiqué que Joel et moi avions développé. Travailler avec elle m’a permis d’aborder des sujets et des formes que je n’avais jamais explorés auparavant. Je ne pense pas que Joel et moi aurions écrit une comédie romantique avec deux rôles féminins. » Pour Honey Don't!, second volet, le cinéaste retrouve Margaret Qualley, dans un exercice qui n’est pas sans rappeler les pulp fictions.
Dans une Californie ouvrière, écrasée par un soleil de plomb, une Californie contemporaine mais aussi hors du temps, Honey O’Donahue impose son style. En robe à fleurs sur les scènes de crime, ou en jupe crayon perchée sur des talons qui claquent, elle joue des clichés. Si les hommes, pas bien malins, s’entichent d’elle, elle reste inaccessible : elle aime les femmes, elle est mordante et a le verbe haut.
Dans cette comédie néo-noire et queer, violence et humour s’accordent. Si l’intrigue est sinueuse, le rythme soutenu, l’enchaînement des anecdotes et des dialogues ciselés emportent. La galerie de personnages est elle aussi réjouissante : la femme mystérieuse (Lera Abova), la policière (Aubrey Plaza) et le gourou (Chris Evans) en roue libre sur le thème « sex, drug and holy church ».
« Applaudissons les scènes de sexe lesbien qui proposent une esthétique joyeusement outrancière et consciente d’elle-même, scènes souvent pudiques dans ce qu’elles montrent à l’écran mais intenses ou folichonnes dans ce qu’elles suggèrent, et où il est moins question de sexualiser les corps que de les employer comme instruments humoristiques. […] Par son énergie brouillonne et ses personnages mémorables, Honey Don't! n’est pas sans rappeler The Big Lebowski. Finalement, ce qui inscrit Honey Don't! le plus fidèlement dans le genre néo-noir, c’est peut-être son caractère absurde, dans la part d’ombre que celui-ci porte : les liens sont aléatoires, les morts n’ont pas de sens, et il n’y a pas de raison derrière le mal – alors aussi bien prendre son pied. » (Laurence Olivier, 24 images, août 2025)
Honey Don't!
États-Unis, Royaume-Uni, 2025, 1h29, couleurs, format 1.85
Réalisation Ethan Coen
Scénario Ethan Coen, Tricia Cooke
Photo Ari Wegner
Musique Carter Burwell
Montage Tricia Cooke
Décors Stefan Dechant
Costumes Peggy Schnitzer
Production Tim Bevan, Ethan Coen, Tricia Cooke, Eric Fellner, Robert Graf, Focus Features, Working Title
Interprètes Margaret Qualley (Honey O'Donahue), Aubrey Plaza (MG Falcone), Chris Evans (le révérend Drew Devlin), Lera Abova (Chère), Jacnier (Hector), Gabby Beans (Spider), Talia Ryder (Corinne), Charlie Day (Marty Metakawitch), Kristen Connolly (Heidi O'Donahue)
Présentation au Festival de Cannes 24 mai 2025
Sortie aux États-Unis 22 août 2025
Distributeur : Universal Pictures France