Jesus Christ Superstar
de Norman Jewison · États-Unis · 1973 · 1h46
Un vieil autocar traverse le désert du Néguev. Une troupe d’artistes en descend. Une expérience unique se profile. Bientôt, ce sont les sept derniers jours de la vie du Christ qu’ils interprèteront…
En 1970, un album-concept britannique signé Tim Rice et Andrew Lloyd Webber voit le jour, réunissant des artistes du théâtre et de la scène rock : « Jesus Christ Superstar », double 33 tours et relecture contemporaine des Évangiles, est un immense succès. À l’heure des comédies musicales (Hair bat tous les records), les aventures du Christ sont bientôt adaptées pour les planches. Si quelques critiques s’élèvent sur le caractère irréligieux de la comédie musicale, le succès est tel (plus de 700 représentations à Broadway en moins de deux ans) que la voie vers une adaptation pour le cinéma est toute tracée.
C’est donc Norman Jewison qui se saisit de ce projet à grand spectacle, né en pleine contre-culture hippie et Jesus Movement. Le film est un florilège de music-hall, de pop, de kitsch : il est joyeux, d’une fraîcheur bienvenue. Tourné en décors naturels en Israël, Jesus Christ Superstar, entièrement musical, montre l’interprétation des derniers jours de Jésus par une troupe de comédiens-chanteurs, du point de vue de Judas. Le rôle-titre est tour à tour perçu comme un prophète, une victime, ou encore un contestataire dans la droite ligne des 70’s. Jouant de tous les anachronismes, multipliant les morceaux de bravoure et quelques costumes flamboyants, Jewison s’amuse et raconte finalement l’aventure d’un jeune fauteur de troubles, dans une mise en scène au cordeau et un montage étourdissant. Évidemment, à l’époque, le film est sujet à controverse, entre ceux qui y voient un blasphème et les autres un film trop commercial.
« Revoir Jesus Christ Superstar aujourd'hui, c'est effectuer un voyage dans le temps : une bande-son endiablée, très rock, très drogue, se mélange de façon souvent désordonnée, libre, avec des chorégraphies survoltées, des textes religieux et une esthétique psychédélique aux couleurs hallucinées. Le film invente un syncrétisme inédit fait de bribes de philosophie New Age avant l'heure, de critique de la société du spectacle et d'anarchie, de sacré et de profane. Fouetté par une guitare électrique et vu à travers le point de vue d'un Judas black azimuté, notre sauveur à tous devient le temps d'un film une icône pop. » (Frédéric Mercier, Transfuge, décembre 2017)
Jesus Christ Superstar
États-Unis, 1973, 1h46, couleurs, format 2.39
Réalisation Norman Jewison
Scénario Norman Jewison, Melvyn Bragg, d’après la comédie musicale éponyme d’Andrew Lloyd Webber, sur un livret de Tim Rice
Photo Douglas Slocombe
Musique Tim Rice, Andrew Lloyd Webber
Chorégraphie Rob Iscove
Montage Antony Gibbs
Décors Richard MacDonald
Costumes Yvonne Blake
Production Norman Jewison, Robert Stigwood, Universal Pictures
Interprètes Ted Neeley (Jésus), Carl Anderson (Judas), Yvonne Elliman (Marie-Madeleine), Barry Dennen (Ponce Pilate), Bob Bingham (Caïphe), Larry Marshall (Simon), Josh Mostel (Hérode), Kurt Yahjian (Annas), Paul Thomas (Pierre)
Sortie aux États-Unis 15 août 1973
Sortie en France 21 novembre 1973
Restauration 4K Kino Lorber et Universal Pictures, à partir du négatif original.
Création d’un DCP VOSTF par Universal Pictures US en exclusivité pour le festival.
Distributeur : Universal Pictures France