Justice pour tous
…And Justice for All
de Norman Jewison · États-Unis · 1979 · 1h59
Arthur Kirkland (Al Pacino) est un jeune avocat, qui n’a, aux yeux de l’administration, qu’un seul défaut : il croit en la justice. Pour certains, il est un enfant inconscient, pour d’autres, un Don Quichotte. À ses propres yeux, il n’a aucune autre ambition que de protéger les droits de ses clients, gagner sa vie aussi bien que possible, et s’endormir le soir sans être tourmenté par sa conscience.
Dans cette chronique judiciaire, le système américain a mauvaise mine : entre les juges qui rétablissent l’ordre à coups de revolver, et ceux qui rendent une justice aveugle en appliquant les textes à la lettre, sans y mettre de sens, le jeune Arthur Kirkland, idéaliste et impétueux (campé par Al Pacino, nommé aux Oscars en 1980), doit affronter les humeurs de ceux qui disent la loi. Et c’est précisément le juge Flemming qui l’a jeté en prison pour outrage, un homme rigoriste, qui fait appel à lui pour le défendre dans une affaire de viol.
Dans la pure tradition du cinéma américain, ce film de procès met en scène la confrontation de deux hommes de droit habitués à ferrailler, ici associés par obligation. Puisque chacun a le droit à une défense, Kirkland accepte le juge Fleming comme client.
Ici la satire est cruelle : les tribunaux sont aux mains de névrotiques en tous genres, le système judiciaire et la société qu’il encadre sont au bord de l’effondrement. Justice pour tous oscille entre farce et thriller. Le formalisme de Jewison sert son propos : rappelant les bases de ce que doit être une démocratie qui fonctionne et la nécessaire éthique des hommes et femmes de loi, le cinéaste ne signe pas pour autant un plaidoyer, mais bien le portrait d’un avocat que sa haute idée de la justice pourrait conduire à sa perte.
« La personnalité d'Al Pacino semble avoir été déterminante dans la conception et la réussite de l'entreprise : cet acteur exigeant et scrupuleux, qui ne joue que dans peu de films, habite véritablement son personnage […]. Ancien élève de Lee Strasberg à l'Actors Studio, il n'est sans doute pas étranger au fait que son professeur tient dans le film le rôle de son grand-père, homme qu'il admire et respecte et qui a déterminé sa vocation d'avocat. Quant au métier de Norman Jewison, affirmé dans bon nombre de films, il fonctionne ici à la perfection, sans être voyant ni complaisant mais en mettant constamment en valeur une action dramatique qui tient en haleine par sa densité et subjugue par sa qualité humaine. » (Marcel Martin, Image et Son n°347, février 1980)
Justice pour tous (… And Justice for All)
États-Unis, 1979, 1h59, couleurs, format 1.85
Réalisation Norman Jewison
Scénario Valerie Curtin, Barry Levinson
Photo Victor J. Kemper
Musique Dave Grusin
Montage John F. Burnett
Décors Richard MacDonald
Costumes Ruth Myers
Production Norman Jewison, Patrick Palmer, Colombia Pictures
Interprètes Al Pacino (Arthur Kirkland), Jack Warden (le juge Rayford), John Forsythe (le juge Flemming), Lee Strasberg (Grand-père Sam), Jeffrey Tambor (Jay Porter), Christine Lahti (Gail Parker), Sam Levene (Arnie), Robert Christian (Ralph Agee), Thomas G. Waites (Jeff McCullaugh), Larry Bryggman (Warren Fresnell)
Présentation au Festival de Toronto 15 septembre 1979
Sortie aux États-Unis 19 octobre 1979
Sortie en France 5 mars 1980
Restauration Sony Pictures Entertainment US
Création en exclusivité d’un DCP VOSTF pour le festival par Sony Pictures US, que nous remercions.
Distributeur : Park Circus