La Madone des sleepings (Marco de Gastyne et Maurice Gleize) © 1928 - Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

La Madone des sleepings

de Marco de Gastyne & Maurice Gleize · France · 1927 · 2h38

Après sa séparation d’avec son épouse, le prince Séliman (Olaf Fjord) répond à une annonce : on cherche un secrétaire particulier, parlant plusieurs langues, au service d’une aristocrate. Après une entrevue, Séliman entre au service de lady Diana Wynham (Claude France), jeune veuve excentrique, surnommée « la Madone des sleepings » après avoir réalisé plusieurs fois le tour du monde. Alors que lady Diana fait face à un revers de fortune, elle charge son nouvel assistant de négocier l’autorisation d’exploiter des terrains pétrolifères légués par son époux. Il se rend à Berlin afin de rencontrer le délégué… 

Lorsqu’il sort en 1926, le roman La Madone des sleepings (suite des aventures de Gérard Dextrier devenu prince Séliman dans Mon cœur au ralenti) est un véritable succès, vendu à plus de 400 000 exemplaires en un an, et bientôt traduit dans plus de trente langues. Un best-seller qui attise les envies d’adaptation pour le cinéma. Produit par Bernard Natan et réalisé par le tandem Maurice Gleize et Marco de Gastyne, La Madone des sleepings rivalise avec les productions américaines. Son intrigue mêle espionnage et romance, sur fond de menace soviétique. À l’image des personnages voyageant à travers le continent, le tournage aura conduit l’équipe en Angleterre, Allemagne et Turquie. 

Au casting : Olaf Fjord, acteur autrichien que l’on retrouvera bientôt à l’affiche du sulfureux Erotikon de Gustav Machatý, ici aventureux secrétaire aux prises avec les affaires de lady D., et Mary Serta dans le rôle d’Irina, maîtresse jalouse et fonctionnaire soviétique retorse. Et il y a Claude France, fantasque lady Diana. La comédienne, décédée quelques mois avant la sortie du film, fait l’objet de toute l’attention des critiques. « L'intérêt va surtout à la malheureuse Claude France, qui dans la vie n'avait pas reçu en don le caractère primesautier et désinvolte, qu'elle interprète si bien, de lady Wynham : c'est avec une joie recueillie que nous avons revu cette morte regrettée revivre dans la lumière de l'écran qui fait immortelles la beauté et la grâce des artistes élues. » (Cinémagazine n° 1, 4 janvier 1929)

Dans un concours de critiques des lecteurs de Cinémagazine, un certain Nikita Troubetzkoi, lui-même prince, résumait : « Le grand mérite de ce film est de réussir à créer une atmosphère à la fois trouble et mystérieuse qui semble bien être dans l'intention du metteur en scène et dans l'esprit du romancier. La personnalité attachante de Claude France et l'énigme de sa mort contribuent peut-être secrètement à ce résultat. Le prince Séliman est, tant par son physique que par la séduction rare de son jeu, un type de héros rêvé dans une production où la part la plus belle est faite à la fantaisie. » (Cinémagazine n° 11, 15 mars 1929)

La Madone des sleepings 
France, 1927, 2h38, noir et blanc, format 1.33

Réalisation Maurice Gleize, Marco de Gastyne
Scénario Marco de Gastyne, d’après le roman éponyme de Maurice Dekobra
Photo Raymond Agnel, Paul Parguel, Gaston Brun
Décors Eugène Carré
Production Pathé-Natan

Interprètes Claude France (Lady Diana Wynham), Olaf Fjord (Gérard Dextrier / Prince Séliman), Mary Serta (Irina Mourawieff), Henry Valbel (Ivanoff), Vladimir Gaïdaroff (Chapinsky), Michèle Verly (Klara Schmidt), Boris de Fast (Varischkine), Annette Benson (Griselda Turner)

Sortie en France 28 avril 1928

Label Lumière Classics
DCP sous-titré anglais en exclusivité pour le festival
Restauration 4K 2026 Fondation Jérôme Seydoux – Pathé, au laboratoire L’Image Retrouvée - Eclair Classics avec le soutien du CNC.
Distributeur : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé