La Maison Bonnadieu
de Carlo Rim · France · 1951 · 1h42
Félix Bonnadieu (Bernard Blier) et sa femme Gabrielle (Danielle Darrieux) font chambre à part. Une nuit, Félix surprend chez eux le jeune Pascal (Michel François). S’il feint de croire qu’il se trouve face à un voleur, Félix n’est pas dupe de l’infidélité de son épouse. Afin d’éveiller la jalousie de Gabrielle, il va s’afficher avec Mademoiselle Clorinde (Marthe Mercadier).
Né en 1902, Carlo Rim a été dessinateur de presse, avant de poursuivre sa carrière dans le journalisme, devenant rédacteur en chef des revues Vu et L’Intransigeant. À partir du milieu des années 30, il s’impose comme scénariste, travaillant dans des registres très divers. Il s’illustre notamment dans la comédie, écrivant Simplet (1942) pour Fernandel, qu’il dirige en 1948 dans son premier film en tant que réalisateur, L’Armoire volante.
Son second long métrage, La Maison Bonnadieu, se déroule dans une petite ville provinciale au début du XXe siècle et reprend le motif classique du mari cocu. Fabricant de corsets, Félix Bonnadieu sait que sa femme le trompe mais ne veut pas la confondre, et il préfère user de moyens détournés pour renverser la situation. De cette intrigue de vaudeville, Carlo Rim tire un film où l’humour n’exclut pas la profondeur dans le traitement des personnages. Ainsi Félix n’est pas ridiculisé car il aime sincèrement son épouse. Dans ce rôle, Bernard Blier donne la réplique à Danielle Darrieux, et tous deux prêtent vie à ce couple pris dans les mensonges et les faux-semblants.
La Maison Bonnadieu recèle de savoureux mots d’auteur et met en avant une chanson, La Complainte des infidèles, composée par Georges Van Parys et interprétée par Marcel Mouloudji. Le film vaut aussi pour son ton ironique, qui évite l’écueil de la morale puritaine.
« La source la plus originale du comique provient du renversement des valeurs et des normes qui contamine toute cette petite société provinciale. Dans La Maison Bonnadieu*, ce ne sont pas les pauvres femmes qui sont victimes de leurs maris qui fréquenteraient le bordel comme il se doit. Non, ce sont les hommes, geignards, obligés de subir, impuissants, les infidélités de leurs femmes. Ce ne sont pas non plus les hommes qui reluquent les femmes en admirant leurs appas, non ! ce sont les femmes qui sont les voyeuses !* » (Clara Laurent, Danielle Darrieux, une femme moderne, Éditions Hors Collection, 2017)
La Maison Bonnadieu
France, 1951, 1h42, noir et blanc, format 1.37
Réalisation & scénario Carlo Rim
Photo Nicolas Hayer
Musique Georges Van Parys
Montage Henri Taverna
Décors Maurice Colasson
Costumes Rosine Delamare, Frédéric Junker
Production Edmond Ténoudji, Les Films Marceau
Interprètes Danielle Darrieux (Gabrielle Bonnadieu), Bernard Blier (Félix Bonnadieu), Yves Deniaud (Mouffe), Françoise Arnoul (Louisette), Michel François (Pascal Mascaret), Marthe Mercadier (Mademoiselle Clorinde), Berthe Bovy (Mme Ramadin), Andrée de Chauveron (Mme Mascaret), Jeanne Véniat (Henriette Decoeur), Marcel Mouloudji (le chanteur)
Sortie en France 16 août 1951
Label Lumière Classics
DCP sous-titré anglais en exclusivité pour le festival. Restauration 4K 2026 Studio TF1 au laboratoire L’Immagine Ritrovata, avec le soutien du CNC.
Ayant-droit : Studio TF1
Distributeur : Les Acacias