L’Affaire Thomas Crown
The Thomas Crown Affair
de Norman Jewison · États-Unis · 1968 · 1h42
Thomas Crown (Steve McQueen), riche et séduisant homme d'affaires, organise le braquage d'une banque pour tromper l'ennui et satisfaire son goût du risque. Il engage quatre hommes de main qui exécutent parfaitement son plan, puis il récupère le butin déposé dans une poubelle après le hold-up. Vicki Anderson (Faye Dunaway), détective dans une compagnie d'assurances, se rapproche de Crown pour les besoins de son enquête.
Trois ans après Le Kid de Cincinnati, Norman Jewison retrouve Steve McQueen, icone de la nonchalance, « King of Cool ». Cette aisance naturelle, il va la mettre au service d’un personnage à l’élégance tout anglo-saxonne, un héritier à la situation très confortable, et à l’assurance des gens bien nés. De parties de polo en palaces, l’ennui s’installe et pour tromper celui-ci, il monte un sensationnel braquage qui met bientôt sur son chemin une tenace détective incarnée par Faye Dunaway, révélée l’année précédente dans Bonnie and Clyde d’Arthur Penn.
L’Affaire Thomas Crown est un film sophistiqué, teinté de l’élégance de ses personnages engagés dans un jeu du chat et de la souris. Dans un scénario à suspense, fait de chassé-croisé, ils hésitent entre intimidation et séduction. Styliste, faisant preuve d’un réel modernisme et d’une véritable audace formelle pour son époque, Jewison fait un usage souligné du split screen et signe une mise en scène brillante – et sans doute son film le plus connu.
Des scènes sont passées à la postérité : le baiser, à l’époque qualifié de « baiser le plus long de l’Histoire du cinéma », et la partie d’échecs, à la forte charge érotique. Et il y a la partition de Michel Legrand. Cet enchaînement de haute volée est devenu immédiatement un immense classique des musiques de film. Le compositeur racontera avoir assisté à la projection d’un pré-montage d’une durée de 5h, Jewison étant alors perdu dans une montagne de rushes. Sans contrainte, il composera 1h30 de musique, qui rythmera le montage de la version finale du film. « Michel Legrand met toute son effervescence en marche pour composer des thèmes qui structureront le montage. Outre “The Windmills of Your Mind” qui fera sa gloire à Hollywood, le Français mouline les mélodies, les styles et les ornements tout au long d'une bande originale où sa virtuosité explose en mille éclats éblouissants. En brodant autour de l'autre thème saillant du film (“His Eyes, Her Eyes”), il anticipe presque les motifs répétitifs d'un Philip Glass, encore inconnu et donc peu susceptible d'avoir servi d'inspiration. Le reste de ce morceau étourdissant croise, comme souvent chez Legrand, romantisme échevelé et jazz sous tension. » (Christophe Conte, Libération, 28 janvier 2019)
L’Affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair)
États-Unis, 1968, 1h42, couleurs, format 1.85
Réalisation Norman Jewison
Scénario Alan R. Trustman
Photo Haskell Wexler
Musique Michel Legrand
Montage Hal Ashby, Byron Brandt, Ralph E. Winter
Décors Edward G. Boyle
Costumes Alan Levine, Theadora Van Runkle, Ron Postal
Production Norman Jewison, The Mirish Corporation
Interprètes Steve McQueen (Thomas Crown), Faye Dunaway (Vicki Anderson), Paul Burke (Eddy Malone), Jack Weston (Erwin), Biff McGuire (Sandy), Addison Powell (Abe), Astrid Heeren (Gwen), Gordon Pinsent (Jamie), Yaphet Kotto (Carl), Sydney Armus (Arnie)
Sortie aux États-Unis 26 juin 1968
Sortie en France 11 octobre 1968
Restauration 4K MGM
Distributeur : Park Circus