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L’Allée des osmanthes

Gui hua xiang

de Kun-hou Chen · Taïwan · 1987 · 1h53

Orpheline depuis son enfance, Ti-hong (Lu Hsiao-fen) veut échapper à la pauvreté. Devenue une jeune femme séduisante, douée pour la broderie, elle se marie avec un homme de bonne famille et donne naissance à un fils. Quelques années plus tard, son époux meurt. Désormais veuve, Ti-hong doit affronter les épreuves de la vie.

Cultivant la cinéphilie dès son adolescence, Chen Kun-hou emprunte la voie tracée par son oncle, le chef opérateur Lai Cheng-ying, et fait son apprentissage comme assistant sur les plateaux. Au début des années 70, il devient à son tour directeur de la photographie et travaille sur des œuvres très diverses, des romances comme des films d’arts martiaux. Sa maîtrise visuelle le conduit à la réalisation, et il met en scène à partir de 1978 plusieurs films scénarisés par Hou Hsiao-hsien. Ce dernier, qui deviendra la figure de proue du nouveau cinéma taïwanais, emploie par ailleurs Chen Kun-hou pour assurer l’image de ses propres longs métrages, tels Les Garçons de Fengkuei (1983) et Un été chez grand-père (1984).

L’Allée des osmanthes, dixième film de Chen Kun-hou, est le premier à connaître une distribution dans les salles françaises. Le récit traverse le XXe siècle, retraçant l’existence de Ti-hong, de sa jeunesse à sa vieillesse. Une destinée jalonnée d’événements douloureux et de désirs contrariés. Chen Kun-hou dresse un délicat portrait de femme en soulignant le poids des conventions sociales : ainsi, pour rester attrayante aux yeux des hommes, l’héroïne doit garder ses pieds bandés afin de conserver leur petite taille et leur finesse. Dans le rôle principal qu’elle incarne à travers les âges, Lu Hsiao-fen, actrice populaire à Taïwan, livre une composition remarquable, qui rend sensible l’épaisseur de toute une vie. Au niveau formel, L’Allée des osmanthes éblouit l’œil par sa reconstitution historique soignée, la préciosité de ses costumes, la richesse de ses décors naturels et l’attention esthétique portée à chaque plan.

« Sans un mouvement de caméra inutile ni une coquetterie de mise en scène, Chen Kun-hou suscite tension et émotion, composant ses couleurs comme un peintre, dirigeant les mouvements de ses personnages comme un maître de ballet. Avec une étonnante économie de moyens, il sait rendre le moindre des protagonistes attachant ou détestable, jamais sans couleur. » (Jean-Michel Frodon, Le Monde, 31 mai 1991)

L’Allée des osmanthes (Gui hua xiang)
Taïwan, 1987, 1h53, couleurs, format 1.85

Réalisation Chen Kun-hou
Scénario Ding Yah-ming, Wu Nien-jen
Photo Chen Kun-hou
Musique Yang Chen
Montage Liao Ching-sung
Costumes Chun Ching-wen
Production Lin Teng-fei, Tsay Song-lin, Central Motion Pictures

Interprètes Lu Hsiao-fen (Ti-hong), Lin Hsiu-ling, Simon Yam, Emil Chau, Chen Shu-fang, Chiang Ching-hsia, Li Chih-hsi, Li Shu-chen

Sortie à Taïwan 5 septembre 1987
Sortie en France 29 mai 1991

Label Lumière Classics
Création d’un DCP VOSTF en exclusivité pour le festival. Restauration 4K Taiwan Film and Audiovisual Institute sous la supervision de Kun-hou Chen.
Ayant-droit : Taiwan Film and Audiovisual Institute

Avec le soutien du Centre Culturel de Taïwan à Paris, le réalisateur Chen Kun-hou et l'actrice Lu Hsiao-fen seront à Lyon pour présenter le film