Les Mois d’avril sont meurtriers

de Laurent Heynemann · France · 1987 · 1h30

Fred (Jean-Pierre Marielle) est un policier hanté par la mort tragique de sa fille. Il doit enquêter sur un crime sordide : un indic’ a été assassiné, son corps a été dépecé puis découpé en morceaux. Les soupçons de Fred se portent vite sur Gravier (Jean-Pierre Bisson), un ancien mercenaire. Entre les deux hommes démarre un jeu du chat et de la souris…

Les mois d’avril sont meurtriers est d’abord un roman de Robin Cook, publié dans la fameuse Série noire de Gallimard. Enthousiasmé par ce polar, Bertrand Tavernier en conseille la lecture à Laurent Heynemann, qui fut son assistant sur L’Horloger de Saint-Paul (1973) et Que la fête commence (1975) avant de passer à la réalisation avec La Question (1977). Ensemble, Laurent Heynemann et Bertrand Tavernier se lancent dans l’adaptation du livre. Ils transposent l’action en France et font appel au regard extérieur de Philippe Boucher, chroniqueur judiciaire au journal Le Monde, afin de peaufiner leur scénario.

De même que l’auteur britannique avait fait le choix d’un texte écrit à la première personne, le film adopte le point de vue de Fred, un inspecteur de la vieille école, confronté à un meurtre d’une sauvagerie inouïe. Fort de trente années de service, il exerce son métier comme un sacerdoce, luttant contre le mal pour conjurer la perte de sa fille. Par le biais d’une voix off, Laurent Heynemann nous donne accès à son monologue intérieur, aux pensées qu’il ressasse, aux cauchemars qui l’assaillent. Sa confrontation avec Gravier prend la forme d’un duel psychologique, où l’enquêteur et le suspect tentent chacun de faire craquer l’autre. Fred poursuit Gravier, le harcèle, le pousse dans ses retranchements, tente de le faire avouer, sans parvenir à le coincer. Dans cette joute intense, Jean-Pierre Marielle et Jean-Pierre Bisson composent deux figures qui s’attirent et se repoussent, liées par une même fascination pour la mort.

« Pour traiter ce sujet, Laurent Heynemann a choisi une mise en scène sobre et classique. Les cadrages saisissent à chaque fois l’esprit du décor, toujours déshumanisé, qu’il s’agisse du HLM de l’assassin, du hangar du crime ou du poste de police qui ressemble lui-même à un entrepôt. Dans ces lieux froids, les personnages agissent pour se persuader qu’ils sont toujours vivants. Car la mort baigne le film, comme elle baignait le roman. Et, pour reprendre les termes de Cocteau, Heynemann filme cette ″mort au travail″ avec une pudeur et une discrétion exemplaires. » (François Guérif, Image et son n°427, mai 1987)

Les mois d’avril sont meurtriers
France, 1987, 1h30, couleurs, format 2.35

Réalisation Laurent Heynemann
Scénario Laurent Heynemann, Bertrand Tavernier, d’après le roman éponyme de Robin Cook
Photo Jean-Francis Gondre
Musique Philippe Sarde
Montage Armand Psenny
Décors Valérie Grall
Costumes Olga Berluti, Adriano Cifonelli
Production Alain Sarde, Sara Films, Canal+, Little Bear

Interprètes Jean-Pierre Marielle (Fred), Jean-Pierre Bisson (Gravier), François Berléand (Baumann), Brigitte Roüan (Clara), Guylène Péan (Christine), Mado Maurin (Clara, la concierge), Jacques Poitrenaud (le patron du bistrot), Noël Simsolo (Skrecht), Nils Tavernier (le policier malade), Pierre Fabre (le locataire de Gravier)

Sortie en France 15 avril 1987

Restauration 4K Studiocanal au laboratoire L'Image Retrouvée avec le soutien du CNC.
Ayant-droit : Studiocanal
Distributeur : Tamasa