L’Insoutenable légèreté de l’être
The Unbearable Lightness of Being
de Philip Kaufman · États-Unis · 1988 · 2h53
Prague, 1968. Brillant chirurgien, Tomas (Daniel Day-Lewis) collectionne les conquêtes sans jamais s’attacher. Il entretient une liaison avec Sabina (Lena Olin), une artiste-peintre. Lors d’un séjour en province, il séduit une serveuse, Tereza (Juliette Binoche). Elle finit par s’installer chez lui et il accepte de l’épouser, sans renoncer à ses infidélités. L’irruption des chars soviétiques dans la ville va bousculer leurs vies.
Grand succès en librairie, le roman de Milan Kundera L’Insoutenable légèreté de l’être suscite l’intérêt du producteur américain Saul Zaentz, qui en achète les droits peu de temps après sa parution. Il propose le projet au réalisateur Philip Kaufman, dont le précédent film, l’épopée spatiale L’Étoffe des héros, a reçu quatre Oscars en 1984. Appréciant beaucoup l’auteur tchèque, le cinéaste accepte de relever ce défi et se lance dans l’adaptation du livre en compagnie du scénariste Jean-Claude Carrière, fidèle collaborateur de Luis Buñuel. Les deux hommes rencontrent Milan Kundera, qui leur conseille d’opérer des choix drastiques pour épurer l’intrigue. Ils décident de mettre de côté les digressions philosophiques qui parsèment l’ouvrage pour resserrer le récit autour du cheminement de Tomas, séducteur invétéré qui oscille entre deux femmes, incarnant chacune un rapport particulier à l’amour et à l’existence.
Pour donner chair à cette fresque sentimentale et politique, le cinéaste fait appel à une distribution européenne. Daniel Day-Lewis, révélé par My Beautiful Laundrette (1985) et Chambre avec vue (1986), campe un Dom Juan charismatique, tiraillé entre ses désirs contradictoires. L’acteur britannique a comme partenaires Juliette Binoche, dans son premier grand rôle international, et la comédienne suédoise Lena Olin. La mise en scène orchestre leur chassé-croisé avec une forte dose de sensualité.
Face à l’impossibilité de tourner sur place un film racontant frontalement l’écrasement du printemps de Prague, le cinéaste reconstitue l’atmosphère de la ville à Lyon, dont certaines rues, vues dans L’Horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier (1974), lui rappellent la capitale tchèque. Pour les scènes montrant l’arrivée des chars soviétiques, Philip Kaufman mélange des archives filmées à l’époque et des images fictionnelles. Articulant habilement petite et grande Histoire, L’Insoutenable légèreté de l’être rencontre un franc succès dans les salles françaises.
« L’opposition entre la légèreté et la pesanteur, l’insouciance et la responsabilité, le jeu et l’engagement, l’indifférence et la compassion, trouve son équivalent convaincant dans la mise en scène de Kaufman, la gestuelle qu’elle impose à des acteurs également inspirés pour décrire l’univers mental dans lequel ils se meuvent. » (Michel Sineux, Positif n°326, avril 1988)
L’Insoutenable légéreté de l’être (The Unbearable Lightness of Being)
États-Unis, 1988, 2h53, couleurs, format 1.85
Réalisation Philip Kaufman
Scénario Jean-Claude Carrière, Philip Kaufman, d’après le roman éponyme de Milan Kundera
Photo Sven Nykvist
Musique Mark Adler ; Leos Janacek
Montage Walter Murch, Michael Magill, Vivien Hillgrove, B.J. Sears
Décors Pierre Guffroy
Costumes Ann Roth
Production Saul Zaentz, The Saul Zaentz Company
Interprètes Daniel Day-Lewis (Tomas), Juliette Binoche (Tereza), Lena Olin (Sabina), Derek de Lint (Franz), Erland Josephson (l’ambassadeur), Pavel Landovsky (Pavel), Donald Moffat (le chirurgien-chef), Daniel Olbrychski (le représentant du ministère de l’intérieur), Stellan Skarsgard (l’ingénieur), Tomek Bork (Jiri)
Sortie aux États-Unis 5 février 1988
Sortie en France 2 mars 1988
DCP VOSTF en provenance de l’Academy Film Archive, en exclusivité pour le festival.
Restauration 4K Academy
Film Archive et The Film Foundation, financée par la fondation Hobson/Lucas Family.
Ayant-droit : Teatro della Pace Films.
Remerciements à Paul Zaentz.