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L’Objet du délit
de Agnès Jaoui · France · 2026 · 2h14
Une troupe d’opéra se prépare à monter Les Noces de Figaro de Mozart, sous la direction de la metteuse en scène Mirabelle (Claire Chust) et du chef d’orchestre Igor (Daniel Auteuil). Les rôles principaux sont confiés à deux vedettes, Hannah Liebmann (Agnès Jaoui) et Roberto Piazzoni (Vincenzo Amato). Durant les répétitions, ce dernier est accusé d’agression sexuelle par la jeune Sophie (Tiphaine Daviot), provoquant d’importants remous au sein de l’équipe.
Huit ans après Place publique (2018), Agnès Jaoui réalise avec L’Objet du délit son sixième long métrage. Dans la continuité de ses précédents opus, la réalisatrice livre un film choral, faisant exister une galerie de personnages aux traits bien dessinés. Elle choisit d’ancrer son récit dans le monde de l’art lyrique, qu’elle connaît bien pour avoir mis en scène trois opéras depuis 2019. Elle se plaît à suivre les préparatifs d’un spectacle, la troupe répétant en plein air dans le cadre idyllique du château de Lacoste, dans le Vaucluse. Le collectif va être mis à rude épreuve quand émerge une plainte contre le ténor italien qui joue le comte Almaviva. Déjà hautain et méprisant avec ses partenaires, il est accusé de gestes déplacés sur le plateau, alors même que son personnage dans Les Noces de Figaro veut exercer un droit de cuissage sur la fiancée de son valet. Le contenu de l’oeuvre de Mozart se trouve ainsi sujet à questionnement dans la réalité : le comédien a-t-il dépassé les limites et doit-il être exclu ? Ce débat suscite des réactions diverses, soulignant le décalage de perception entre les générations : tandis que Cora (Eye Haïdara) mène la fronde, Hannah incarne un féminisme d’une autre époque, soucieuse d’établir d’abord la vérité et de faire preuve de nuance.
Agnès Jaoui prend ici à bras-le-corps un sujet hautement contemporain, la révolution #MeToo et ses conséquences. La cinéaste marche sur un fil car elle entend à la fois célébrer la libération de la parole des femmes et interroger les excès possibles de ce mouvement. Elle suggère combien les points de vue peuvent différer selon l’âge, et incarne elle-même une diva qui se retrouve ballottée entre ces visions opposées. Daniel Auteuil, de son côté, campe un chef d’orchestre pleutre, qui refuse de prendre parti et s’inquiète avant tout de voir son nom paraître dans une liste potentielle d’agresseurs. Sous l’apparence d’une comédie de mœurs, L’Objet du délit se révèle une radiographie de notre époque.
« Agnès Jaoui fait vivre tout un monde de techniciens, agents et mécènes, grâce à une mise en scène virtuose, qui circule entre différents niveaux (scène et coulisses, pontes et petites mains), s’appuyant entre autres sur les ressources du cadre large. La satire du milieu artistique (les phallus géants que Mirabelle fait disposer sur scène, le népotisme en vigueur) n’empêche pas que chaque personnage ait aussi ses raisons, adage renoirien ici respecté. » (Mathieu Macheret, Le Monde, 17 mai 2026)
L’Objet du délit
France, 2026, 2h14, couleurs, format 2.39
Réalisation Agnès Jaoui
Scénario Agnès Jaoui, Emmanuel Salinger, Laurent Jaoui, Noé Debré, Florence Seyvos
Photo David Chizallet
Musique Fernando Fiszbein
Montage Christel Dewynter
Décors Véronique Méléry
Costumes Pierre-Jean Larroque
Production François Kraus, Denis Pineau-Valencienne, Jacques-Henri Bronckart, Tatjana Kozar, Les Films du Kiosque, StudioCanal, France 2 Cinéma, Versus Production
Interprètes Agnès Jaoui (Hannah / la comtesse), Daniel Auteuil (Igor), Eye Haïdara (Cora / Chérubin), Claire Chust (Mirabelle), Oussama Kheddam (Samir), Lucie Gallot (Clothilde), Tiphaine Daviot (Sophie / Suzanne), Maxime Pambet (Baptiste / Figaro), Vincenzo Amato (Piazzoni / le comte Almaviva), Patrick Mille (Poirier)
Présentation au Festival de Cannes 22 mai 2026
Sortie en France 27 mai 2026
Distributeur : Studiocanal