Mikey et Nicky

Mikey and Nicky

de Elaine May · États-Unis · 1976 · 1h46

Recherché par la mafia qui veut l’éliminer, Nicky (John Cassavetes) se terre dans une chambre d’hôtel. En pleine crise de paranoïa, il appelle son ami Mikey (Peter Falk) qui lui propose de l’aider à s’enfuir. Les deux malfrats vont errer dans la ville jusqu’au petit matin.

Fille d’une actrice et d’un metteur en scène, Elaine May découvre très jeune le théâtre et se fait connaître à la fin des années 50 pour ses talents comiques. Avec le futur cinéaste Mike Nichols, rencontré à l’Université de Chicago, elle forme un duo qui se produit sur scène et à la télévision, dans des numéros très appréciés par le public. En 1971, elle passe à la réalisation avec Un nouveau départ, dont elle tient aussi le rôle principal, puis enchaîne dès l’année suivante avec Le Brise-cœur.

Après ces deux comédies, Elaine May change de registre avec Mikey et Nicky, variation autour du film noir, dont l’intrigue repose sur la relation complexe entre ses protagonistes. Nicky a besoin de Mikey mais se méfie de lui, car son ami pourrait bien mener un double jeu. Le premier est une pile électrique, changeant d’idée constamment, passant du rire à la fureur ; le second tente de garder son calme et de contenir son compère. Des rôles taillés sur mesure pour John Cassavetes et Peter Falk, qui se connaissent parfaitement depuis Husbands (John Cassavetes, 1970) et dont le binôme fonctionne à plein régime. Elaine May capte l’énergie de ses acteurs au cours d’un tournage à rallonge dans les rues de Philadelphie, dont elle sait restituer l’atmosphère poisseuse, d’un bar animé à un cimetière désert. Disposant d’une grande quantité de rushes, elle consacre un an et demi au montage et privilégie un rythme fiévreux, qui épouse les impulsions de Nicky, toujours sur ses gardes et conscient de vivre peut-être ses dernières heures. Nimbé d’une certaine tristesse – la nuit sonnant le glas des illusions perdues –, Mikey et Nicky n’a pas connu le retentissement escompté à sa sortie, mais a depuis été réévalué comme une œuvre marquante du cinéma américain des années 70.

« Silencieusement, la voiture d’un tueur sillonne les rues de la ville. Tout aussi peu doué que les deux compères, l’homme se casse le nez à chaque fois qu’il arrive à l’endroit où ils sont censés se trouver. Discrètement, la cinéaste met en scène toute une galerie de personnages qui sont autant de perdants, échoués sur le bas-côté du rêve américain. Elle les élève au rang de héros tragiques, les fait un instant accéder au sublime. » (Isabelle Regnier, Le Monde, 4 juillet 2007)

Mikey et Nicky (Mikey and Nicky)
États-Unis, 1976, 1h46, couleurs, format 1.85

Réalisation & scénario Elaine May
Photo Bernie Abramson, Lucien Ballard, Jack Cooperman, Jerry File, Victor J. Kemper
Musique John Strauss
Montage John Carter, Sheldon Kahn
Décors Paul Sylbert
Production Michael Hausman, Paramount Pictures

Interprètes Peter Falk (Mikey), John Cassavetes (Nicky), Ned Beatty (Kinney), Rose Arrick (Annie), Carol Grace (Nellie), William Hickey (Sid Fine), Sanford Meisner (Dave Resnick), Joyce Van Patten (Jan), Emmet Walsh (le conducteur de bus), Virginia Smith (la mère de Jan)

Sortie aux États-Unis 21 décembre 1976
Sortie en France 29 avril 1987

Label Lumière Classics
Film présenté en avant-première de ressortie.
Restauration 4K The Criterion Collection supervisée par Elaine May.
Distributeur : Nightshift Films
Ressortie en février 2027