Ne m’envoyez pas de fleurs

Send Me No Flowers

de Norman Jewison · États-Unis · 1964 · 1h40

Lorsqu’il surprend son médecin évoquer le très mauvais état de santé d’un patient, George Kimball (Rock Hudson), hypocondriaque patenté, est persuadé qu’il s’agit de lui et qu’il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Aidé de son ami et voisin Arnold (Tony Randall), George cache la terrible nouvelle à son épouse Judy (Doris Day), et en époux prévoyant, prend toutes les dispositions pour la suite, jusqu’à lui trouver un nouveau mari.

Né au Canada en 1926, Norman Jewison fait ses armes au début des années 50 au sein des studios de télévision alors en plein âge d’or. Rapidement installé aux États-Unis, où il fera toute sa carrière, il réalise des épisodes de séries et des téléfilms et se spécialise bientôt dans les grands shows de vedettes telles Judy Garland ou Harry Belafonte. En 1962, Jewison passe au grand écran en réalisant son premier long métrage, Des ennuis à la pelle avec Tony Curtis.

En 1964, il réalise pour Universal Ne m'envoyez pas de fleurs. Le public retrouve ici le trio majeur Rock Hudson – Doris Day – Tony Randall, qu’il avait apprécié dans deux précédents succès de la comédie américaine – Confidence sur l’oreiller de Michael Gordon (1959) et Un pyjama pour deux de Delbert Mann (1961).

Si la critique de Ne m’envoyez pas de fleurs est partagée, le trio fonctionne toujours à merveille et les échanges Hudson – Day bénéficient d’une alchimie amicale vécue hors plateau. Entre quiproquos et malentendus, Jewison signe une comédie savoureuse, dessinant quelques traits de l’Amérique middle class des années 60. Avec beaucoup de charme, Rock Hudson rend son insupportable personnage d’hypocondriaque particulièrement attachant. Et l’humour légèrement macabre, quant à lui, dénote un peu de la production d’alors. « *Le canevas est sans doute taillé sur mesure (c’est du théâtre de boulevard) mais l’on se surprend néanmoins à reconnaître ici et là quelques audaces dans le propos qui n’ont pas dû être si faciles que cela à glisser dans le Hollywood des années 60, encore puritain. *[…] Tout est question de regard : ces trois comédies étaient sans doute à leur sortie pour le grand public un concentré du rêve américain. Il n’a pas fallu en fin de compte longtemps pour se rendre compte que les sourires étaient grimaçants. » (L'Avant-Scène Cinéma n° 688, décembre 2021)

Ne m'envoyez pas de fleurs (Send Me No Flowers)
États-Unis, 1964, 1h40, couleurs, format 1.85

Réalisation Norman Jewison
Scénario Julius Epstein, d’après la pièce Send Me No Flowers de Norman Barasch et Carroll Moore
Photo Daniel Fapp
Musique De Vol
Montage J. Terry Williams
Décors John Austin, Oliver Emert, John McCarthy Jr.
Costumes Jean Louis
Production Harry Keller, Universal Pictures, Martin Melcher Productions

Interprètes Rock Hudson (George Kimball), Doris Day (Judy Kimball), Tony Randall (Arnold Nash), Clint Walker (Bert Power), Edward Andrews (le docteur Morrisey), Patricia Barry (Linda Bullard), Hal March (Winston Burr), Paul Lynde (Mr. Akins), Clive Clerk (Vito), Dave Willock (Milkman), Aline Towne (Cora)

Sortie aux États-Unis 14 octobre 1964
Sortie en France 20 janvier 1965

Restauration Universal Pictures US.
Création d’un DCP VOSTF par Universal Pictures US en exclusivité pour le festival.
Ayant-droit : Universal Pictures US