Nosferatu
de Robert Eggers · États-Unis · 2024 · 2h12, int -12ans
Allemagne, 1938. Ellen (Lily-Rose Depp) est hantée depuis sa jeunesse par d’inquiétantes visions nocturnes. Son mari Thomas (Nicholas Hoult), clerc de notaire, doit se rendre en Transylvanie pour signer la vente d’une maison seigneuriale. L’acheteur est le mystérieux comte Orlok (Bill Skarsgard), qui vit reclus dans un château.
Robert Eggers n’a que 9 ans lorsqu’il voit pour la première fois Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau (1922), adaptation non autorisée du roman Dracula de Bram Stoker. Il reste durablement marqué par cette découverte, autant par le style visuel que par l’allure terrifiante de la créature incarnée par Max Schreck. Cette obsession le poursuit jusqu’au lycée, où il dirige une pièce de théâtre inspirée par le film. L’idée d’en livrer une nouvelle version ne cesse de l’accompagner durant ses débuts au cinéma. Il finit par se lancer dans l’aventure pour son quatrième long métrage, un siècle après le chef d’œuvre d’origine, référence de l’expressionnisme allemand, dont Werner Herzog a déjà tourné un remake mémorable en 1979.
Nourri par ces références, ainsi que par sa connaissance aiguisée de la représentation des vampires à l’écran, Robert Eggers cherche à la fois à rendre hommage aux maîtres du passé et à s’approprier le mythe pour en proposer une réinterprétation personnelle. Il donne plus d’importance au personnage d’Ellen, dont le comte Orlok va faire sa proie, contaminant son esprit pour mieux posséder son corps. Le cinéaste modifie également l’apparence du célèbre vampire, auquel il confère un aspect massif, une moustache fournie et une voix caverneuse.
Dans le sillage des précédents films de Robert Eggers, Nosferatu fait preuve d’une grande recherche formelle, le réalisateur utilisant toutes les nuances de couleurs – du bleu lunaire au brun orangé – pour nourrir son esthétique gothique.
« Il y a d’abord un plaisir certain à voir ces grands thèmes, maintes fois déclinés dans l’histoire du fantastique, revisités ici dans l’espace haute définition du cinéma contemporain, dans cette visibilité étendue qui le caractérise. Eggers, revenant avec minutie au scénario d’origine d’Henrik Galeen, fait plus que donner des dialogues au Nosferatu initial : il en déploie les images, les étire dans toutes les dimensions, les nourrit d’une foule de détails, ne lésine pas sur les travellings et les détails historiques, et ce, grâce aux potentialités de la palette numérique. » (Mathieu Macheret, Le Monde, 26 décembre 2024)
Nosferatu
États-Unis, 2024, 2h12, couleurs, format 1.66
Réalisation & scénario Robert Eggers, d’après le roman Dracula de Bram Stoker et le scénario original de Henrik Galeen
Photo Jarin Blaschke
Musique Robin Carolan
Montage Louise Ford
Décors Craig Lathrop
Costumes Linda Muir
Production John Graham, Jeff Robinov, Chris Columbus, Eleanor Columbus, Robert Eggers, Maiden Voyage Pictures, Studio 8, Birch Hill Road Entertainment
Interprètes Lily-Rose Depp (Ellen Hutter), Nicholas Hoult (Thomas Hutter), Bill Skarsgard (le comte Orlok) Aaron Taylor-Johnson (Friedrich Harding), Willem Dafoe (le professeur Albon Eberhart von Franz), Emma Corrin (Anna Harding), Ralph Ineson (le docteur Wilhelm Sievers), Simon McBurney (Knock)
Sortie aux États-Unis et en France 25 décembre 2024
Distributeur : Universal Pictures France