© 1941 – PATHÉ FILMS / DR

Nous les gosses

de Louis Daquin · France · 1941 · 1h29

Un élève brise par mégarde la verrière de son école primaire en banlieue parisienne. L’instituteur (Gilbert Gil) se livre à une leçon de calcul pour expliquer aux enfants que la réparation coûte 1 800 francs. Les camarades du jeune garçon fautif décident d’unir leurs efforts pour collecter la somme à régler.

Né en 1908 à Calais, Louis Daquin effectue ses études à Paris où il obtient une licence en droit. Il travaille ensuite comme rédacteur publicitaire pour Renault, avant de se tourner vers le cinéma en 1932. Exerçant tour à tour différentes fonctions (régisseur, directeur de production, acteur), il devient assistant réalisateur sur plusieurs films de Pierre Chenal et de Jean Grémillon, qui fut pour lui un mentor. En 1938, il dirige la version française du film allemand Le Joueur de Gerhard Lamprecht, tiré du roman de Fiodor Dostoïevski.

Nous les gosses est le premier long métrage que Louis Daquin réalise seul. L’intrigue du film, simple et lumineuse, repose sur la solidarité d’un groupe d’enfants mettant à profit leurs vacances de Pâques pour venir en aide à l’un d’entre eux, dont la famille modeste n’a pas les moyens de payer la restauration d’une verrière cassée lors d’une partie de football. Afin de rassembler l’argent nécessaire, les jeunes garçons vont multiplier les initiatives, vendre du muguet, cirer des chaussures, et faire preuve d’une ingéniosité de tous les instants, sans compter qu’il leur faut protéger leur pécule qui attire la convoitise des voyous.

Le scénario, écrit avant la guerre par Maurice Hiléro et Gaston Modot, s’inspire librement du roman allemand d’Erich Kästner Émile et les détectives, publié en France en 1931, et qui développait ce motif d’un collectif d’enfants se mobilisant pour une noble cause. Avec Nous les gosses, dont les dialogues sont signés par Marcel Aymé, s’affirme déjà le goût de Louis Daquin pour un réalisme humaniste. Il adopte une mise en scène sobre, faisant la part belle à la spontanéité et au naturel des jeunes comédiens. Sorti durant l’Occupation, le film est favorablement accueilli par la presse et le public, qui loue un divertissement sensible et porteur d’espoir dans cette période sombre. En filigrane peut même être perçu un subtil éloge de la Résistance, qui a échappé à la censure. « Dans Nous les gosses*, il y avait des phrases allusives très nettes, car je voulais, à travers le monde de l’enfance, traduire en fait celui de l’Occupation. Je pensais que l’on m’imposerait des coupures et il n’en a rien été.* » (Louis Daquin, Cinéma 79 n°241, janvier 1979)

Nous les gosses
France, 1941, 1h29, noir et blanc, format 1.37

Réalisation Louis Daquin
Scénario Maurice Hiléro, Gaston Modot
Adaptation & dialogues Louis Daquin, Marcel Aymé
Photo Jean Bachelet
Musique Marius-François Gaillard
Montage Suzanne de Troeye
Décors Lucien Aguettand
Production Adrien Remaugé, Pathé Consortium Cinéma

Interprètes Louise Carletti (Mariette), Gilbert Gil (l’instituteur), André Brunot (le commissaire), Marcel Pérès (Victor Lemoine), Louis Seigner (le directeur de l’école), Pierre Larquey (le père Finot), Raymond Bussières (Gaston), Lucien Coëdel (le père de Jeannot)

Sortie en France 2 décembre 1941

Restauration 2K Pathé aux laboratoires Eclair et L.E. Diapason, avec le soutien du CNC.
Distributeur : Pathé