Saludos hombre
Corri, uomo, corri
de Sergio Sollima · Italie, France · 1968 · 2h01
Au Mexique, sous le régime autoritaire de Porfirio Díaz, Manuel Sanchez, dit "Cuchillo" (Tomas Milian), est jeté en prison. Dans sa cellule il rencontre Ramirez (José Torres), un révolutionnaire avec qui il s’évade rapidement. Ramirez est le seul à connaître l’emplacement d’un trésor, qu’il destine au financement de la lutte. Touché dans un guet-apens, il confie, avant de mourir, à "Cuchillo" la mission d’aller retrouver l’or.
Après des études au Centro sperimentale di cinematografia à Rome, Sergio Sollima exerce d’abord comme critique, puis écrit des pièces de théâtre. En 1951, il participe au scénario des Volets clos de Luigi Comencini. Au début des années 60, il met sa plume au service de nombreux péplums, dont les titres suggèrent bien la dimension populaire : La Fureur d’Hercule (1961), Goliath contre les géants (1961), Maciste à la cour du cheik (1962)… Sergio Sollima passe à la réalisation en signant en 1962 l’un des sketchs du film Les Amours difficiles. Suivent deux longs métrages surfant sur la vague du cinéma d’espionnage, Agent 3S3, passeport pour l’enfer (1965) et Agent 3S3, massacre au soleil (1966).
Colorado (1966) est son premier western et lui vaut un immense succès. Lee Van Cleef y joue un chasseur de primes traquant un bandit surnommé "Cuchillo" pour son aptitude à manier le couteau. Le cinéaste offre ce rôle au charismatique acteur cubain Tomas Milian, qu’il dirige à nouveau en 1967 dans Le Dernier face à face, en compagnie de Gian Maria Volonté. Ces deux films témoignent de la capacité de Sergio Sollima à revivifier le genre, dans le sillage des premiers chefs-d’œuvre de Sergio Leone. Saludos hombre s’inscrit dans la même veine, et Tomas Milian reprend l’habit de "Cuchillo", cette fois lancé dans une quête au trésor avec une horde de poursuivants à ses trousses. Il doit semer tout aussi bien une bande de desperados que des membres de l’armée régulière, tandis que son amante Dolores fait tout pour le garder auprès d’elle. Présenté d’abord comme un simple voleur sympathique, "Cuchillo" se charge au fur et à mesure du film d’une véritable conscience, en phase avec le générique d’ouverture qui fait retentir un chant à la gloire de la révolution. Mêlant humour et cruauté, Saludos hombre est un divertissement rondement mené qui clôt un cycle chez Sergio Sollima, qui s’illustrera ensuite dans le registre policier.
« Longtemps éclipsé par Sergio Leone, plus mélancolique et plus truculent, Sergio Sollima a pourtant signé des œuvres où le lyrisme carnavalesque savait se mêler à la réflexion politique et où l’élégance stylistique témoignait d’une haute idée du cinéma populaire. » (Jean-François Rauger, Le Monde, 9 juillet 2015)
Saludos hombre (Corri, uomo, corri)
Italie, France, 1968, 2h01, couleurs, format 2.39
Réalisation Sergio Sollima
Scénario Sergio Sollima, Pompeo De Angelis
Photo Guglielmo Mancori
Musique Bruno Nicolai
Montage Tatiana Casini Morigi
Décors Francesco Cuppini
Costumes Maria Baroni, Milena Bonomo
Production Anna Maria Chretien, Alvaro Mancori, Chretien, Mancori
Interprètes Tomas Milian (Manuel "Cuchillo" Sanchez), Donald O’Brien (Nathaniel Cassidy), John Ireland (Santillana), Chelo Alonso (Dolores), Linda Veras (Penny Bannington), Marco Guglielmi (le colonel Michel Sévigny), José Torres (Ramirez), Luciano Rossi (Jean-Paul), Nello Pazzafini (Riza), Gianni Rizzo (le maire Christopher Bannington)
Sortie en France 6 août 1968
Sortie en Italie 29 août 1968
Label Lumière Classics
DCP VOSTF en exclusivité pour le festival.
Restauration 4K Société Cinématographique Lyre de la version intégrale au laboratoire Hiventy (Groupe Transperfect).
Le film sera présenté pour la première fois par l’éditeur ARTUS Films en UHD/DVD/Blu-Ray en avant-première au Festival lors de la journée DVD/Blu-ray.
Distributeur : Société cinématographique Lyre