Shining

The Shining

de Stanley Kubrick · Royaume-Uni, États-Unis · 1980 · 1h59, int -12ans

Jack Torrance (Jack Nicholson), auteur en panne d’inspiration, accepte un travail de gardien à l’hôtel Overlook, fermé l’hiver et perdu dans les montagnes. Il s’y installe avec son épouse Wendy (Shelley Duvall) et leur fils Danny (Danny Lloyd). Possédant un don surnaturel, le jeune garçon est rapidement assailli par des visions terrifiantes, tandis que son père montre petit à petit d’inquiétants signes de folie…

Connu pour sa capacité à revisiter les genres, Stanley Kubrick aborde avec Shining le cinéma d’épouvante. Il choisit pour cela d’adapter un roman de Stephen King, publié en 1977. Le scénario prend cependant beaucoup de libertés avec le livre, à tel point que l’écrivain fera part de ses réserves vis-à-vis du film. Œuvre froide et cérébrale, Shining demeure aujourd’hui un objet de fascination. Stanley Kubrick filme l’hôtel désert comme un lieu maléfique, hanté par des horreurs commises dans le passé. Apprenant qu’un précédent gardien a massacré femme et enfants avant de se suicider, Jack assure que la solitude lui fera de son côté le plus grand bien. Souffrant du syndrome de la page blanche, il va pourtant sombrer à son tour dans la démence, conversant avec des fantômes, lançant inlassablement une balle contre les murs, tapant une seule et même phrase sur sa machine à écrire – All work and no play makes Jack a dull boy… Jack Nicholson adopte un jeu volontairement excessif, grimaçant de plus en plus à mesure que l’état mental de son personnage se dégrade.

La mise en scène de Stanley Kubrick frappe par sa rigueur et sa volonté de contrôle absolu. Il compose des cadres reposant sur la symétrie pour créer une ambiance oppressante. Il utilise la Steadicam, qui permet des mouvements d’une grande fluidité, pour suivre le jeune Danny, qui arpente l’hôtel en tricycle. Conçu avec un soin maniaque du détail, Shining contient son lot d’images restées dans les mémoires : l’apparition de sœurs jumelles au bout d’un couloir, l’ascenseur déversant des hectolitres de sang, le mot « Redrum » tracé sur une porte, la poursuite dans un labyrinthe enneigé… Sans parler du plan final, qui a donné lieu à de nombreuses interprétations.

« Ce huis clos familial, sublime dans son imagerie, l’est surtout dans l’utilisation géniale de tous les sous-entendus de notre culture bâtarde (tragédie grecque, psychanalyse et précisément, films d’horreur), où chacun est à égalité : le père brandit une hache, la mère une batte de base-ball ou un énorme couteau de cuisine, et le fils, récepteur et projecteur de la culture populaire, l’arme la plus terrible qui soit – la connaissance de l’âme de ses parents qu’il peut, dans la magnifique scène finale, actionner comme un magnétoscope : en avant, en arrière, en image ″congelée″. » (Serge Grünberg, Cahiers du cinéma H.S., décembre 1993)

Shining (The Shining)
Royaume-Uni, États-Unis, 1980, 1h59, couleurs

Réalisation Stanley Kubrick
Scénario Stanley Kubrick, Diane Johnson, d’après le roman Shining – L’enfant lumière de Stephen King
Photo John Alcott
Musique Wendy Carlos, Rachel Elkind ; Gyorgi Ligeti, Krzysztof Penderecki, Béla Bartok, Ray Noble, Henry Hall
Montage Ray Lovejoy
Décors Roy Walker
Costumes Milena Canonero
Production Stanley Kubrick, Hawk Films, Peregrine

Interprètes Jack Nicholson (Jack Torrance), Shelley Duvall (Wendy Torrance), Danny Lloyd (Danny), Scatman Crothers (Hallorann), Barry Nelson (Ullman), Philip Stone (Grady), Joe Turkel (Lloyd), Anne Jackson (la docteure), Tony Burton (Durkin), Barry Dennen (Watson)

Sortie aux États-Unis 13 juin 1980
Sortie en France 16 octobre 1980

Restauration 4K Warner Bros. en collaboration avec Leon Vitali.
Version souhaitée par Stanley Kubrick.
Distributeur : Park Circus