Sophie et le crime

de Pierre Gaspard-Huit · France · 1955 · 1h39

La jeune Sophie (Marina Vlady), récemment installée à Paris, fait ses débuts dans le journalisme à l’hebdomadaire Tel Quel. Une nuit, sa voisine Louise Richter (Dora Doll) est assassinée. Les soupçons se portent sur Franck (Peter van Eyck), le mari de la victime, mais celui-ci parvient à convaincre Sophie de son innocence. Elle va dès lors chercher à le disculper.

Pierre Gaspard-Huit, né en 1917, s’est formé au cinéma en faisant de l’assistanat sur des tournages de versions françaises de films allemands. Fait prisonnier durant la Seconde Guerre mondiale, il travaille à partir de 1943 pour les studios Bavaria à Munich. De retour à Paris après la Libération, il devient l’homme de confiance du producteur Roger Richebé, avec qui il coréalise en 1952 La Fugue de Monsieur Perle. Pour Sophie et le crime, son premier long métrage en solo, il adapte un roman de Cécil Saint-Laurent, qui a reçu le prix du Quai des orfèvres en 1953.

Sophie et le crime est un mélange agréable de comédie et de Série noire, qui repose particulièrement sur les épaules de Marina Vlady. À 17 ans seulement, la comédienne a déjà une belle carrière derrière elle, ayant tourné dans de nombreuses productions italiennes. Ici elle campe une journaliste à la fois ingénue et intrépide, qui n’hésite pas à s’investir personnellement dans une enquête sur un meurtre, au nez et à la barbe de la police. Lorsque sa voisine est tuée à coups de couteau, Sophie recueille la version de son époux et le croit lorsqu’il clame son innocence. Elle lui propose même de passer la nuit chez elle pour se reposer et se cacher. Est-elle aveuglée par son charme ou dit-il la vérité ? Par-delà ce suspense, Pierre Gaspard-Huit capte l’ambiance de la vie parisienne : une surprise-party dans un appartement, une salle de rédaction où la patronne houspille ses salariés, un commissariat où se nouent de vifs interrogatoires. Sophie habite une mansarde dans un quartier mal famé où les taxis n’osent pas s’aventurer la nuit. Le cinéaste fait de son immeuble l’épicentre du récit, des moments clés se déroulant dans la pénombre de l’escalier.

« Tantôt romanesque adolescente, enfant boudeuse ou femme décidée, Sophie mène la danse à son gré, déroutant les laborieux calculs des hommes par son assurance insouciante et sa ténacité. C’est bien observé et rendu, ce qui, avec une photographie très travaillée de Michel Kelber, donne un résultat qui peut paraître parfois laborieux mais qui, à la réflexion, est remarquable, si l’on songe à la matière première initiale. » (Jean Néry, Franc Tireur, 23 août 1955)

Sophie et le crime
France, 1955, 1h39, noir et blanc, format 1.37

Réalisation Pierre Gaspard-Huit
Scénario Pierre Gaspard-Huit, Pierre Lary, d’après le roman éponyme de Cécil Saint-Laurent
Photo Michel Kelber
Musique Georges Van Parys
Montage Yvonne Martin
Décors James Allan, Paul Bertrand
Costumes Maria Baroni, Milena Bonomo
Production René Lafuite, Roger Richebé, Ardennes Films, Films Roger Richebé, Synimex

Interprètes Marina Vlady (Sophie Brulard), Peter van Eyck (Franck Richter), Jean Gaven (Ernest Sapinaud), Pierre Dux (le commissaire Moret), Dora Doll (Louise Richter), Marcelle Géniat (Mme Gretchikine), Paul Guers (Claude Broux), René Havard (Tony), Yvette Lebon (Mme Gontcharoff)

Sortie en France 2 août 1955

Label Lumière Classics
DCP en exclusivité pour le festival. 
Restauration 4K supervisée par Daniel Borenstein réalisée d’après les négatifs originaux au laboratoire Transperfect média pour l’image et Le Diapason pour le son par Les Films du Jeudi avec le soutien du CNC et la participation de Coin de Mire - Cinéma.
Distributeur : Les Films du Jeudi