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Summer in the City

de Wim Wenders · République fédérale d’Allemagne · 1970 · 1h59

Hanns (Hanns Zichler) sort de prison. Il erre dans les rues de Munich, rend visite à d’anciens camarades, tente en vain de se reconnecter à sa vie passée. Se croyant poursuivi, il s’envole pour Berlin afin d’y retrouver un vieil ami.

Lorsqu’ouvre en 1966 l’École supérieure de cinéma et de télévision de Munich, Wim Wenders est l’un des premiers admis. Durant sa formation il réalise six courts métrages où affleurent déjà certaines de ses obsessions, dont la musique et la fascination pour les États-Unis. Sur Alabama : 2 000 light years (1969), il entame sa collaboration avec Robby Müller, qui sera son chef opérateur attitré dans les années 70. Fortement influencé par le rock, Wim Wenders y utilise des morceaux de Jimi Hendrix, Bob Dylan et The Rolling Stones.

Summer in the City est à la fois son premier long métrage et son film de fin d’études. L’apprenti cinéaste dispose d’un budget de 12 000 marks et de six jours de tournage. Le titre est un hommage à la chanson des Lovin’ Spoonful que l’on entend dans la bande originale, qui reprend aussi The Kinks, Chuck Berry ou Gene Vincent. Wim Wenders souhaitait inclure dans son récit les morceaux qu’il aimait, mais ne fut pas en mesure de s’acquitter des droits. Pour cette raison Summer in the City ne connut aucune distribution en salles et reste encore aujourd’hui confidentiel.

L’intrigue du film, minimale, suit le parcours d’un homme qui recouvre sa liberté mais semble devenu étranger à sa propre existence. La mise en scène repose sur des plans très longs et statiques, avec quelques travellings filmés depuis l’intérieur d’une voiture. Le scénario comporte peu de dialogues, et les personnages ont souvent du mal à échanger. Passant d’une ville à l’autre, déconnecté du monde, Hanns est un personnage désaxé, qui préfigure le goût de Wim Wenders pour les héros sans attaches. Summer in the City tire sa vague histoire de gangsters du côté du spleen hivernal, tout en affichant son amour du cinéma américain : dans une scène, le critique Helmut Färber raconte ainsi les péripéties d’un film de John Ford, Le Fils du désert (1948). Coup d’essai en noir & blanc, Summer in the City pose les bases de l’œuvre du cinéaste, dont l’univers s’affirme déjà en germe.

« *Autour du thème central de l’errance s’organisent de manière assez fruste encore, mais caractéristique, sur un ralentissement du regard, des motifs qui reviendront dans tous les films : la photo où l’on ne se reconnaît pas, les médias qui ne communiquent rien (télévisions vides et muettes), l’obsession de la musique rock des années 60, sans laquelle Wenders dit qu’il n’aurait pas fait de films. *» (Mireille Pelinq, Jeune cinéma n°187, avril-mai 1988)

Summer in the City
République fédérale d’Allemagne, 1970, 1h59, noir et blanc, format 1.33

Réalisation & scénario Wim Wenders
Photo Robby Müller
Musique The Kinks, The Lovin’ Spoonful, Chuck Berry, Gene Vincent, The Troggs, Gustav Mahler
Montage Peter Przygodda, Wim Wenders
Production Wim Wenders, HFF - Hochschule für Film und Fernsehen (München)

Interprètes Hanns Zichler (Hanns), Edda Köchl (Edda), Libgart Schwarz (Lipgart), Marie Bardischewski (Marie), Gerd Stein (un gangster), Muriel Werner (un gangster), Christian "Schrat" Thierfelder (Christian), Helmut Färber (le cinéphile), Wim Wenders (le joueur de billard)

Création d’un DCP VOSTF en exclusivité pour le festival
Restauration 4K 2026 Wim Wenders Stiftung en collaboration avec la Cineteca di Bologna au laboratoire L’Immagine Ritrovata. Financement par le Film Heritage Funding Program (FFE).
Ayant-droit : Wim Wenders Stiftung