The Witch

de Robert Eggers · Royaume-Uni, Canada, États-Unis · 2015 · 1h32, int -12ans

Nouvelle-Angleterre, 1630. Chassés de leur communauté en raison de leurs convictions religieuses jugées trop extrêmes, William (Ralph Ineson) et Katherine (Kate Dickie) s’installent à l’orée d’un bois, à l’écart de tout. Ils mènent une vie pieuse avec leurs cinq enfants. Un jour, leur fils nouveau-né disparaît. Face à ce drame inexpliqué, les membres de la famille se dressent les uns contre les autres.

Présenté en 2015 au Festival de Sundance où il est récompensé du Prix de la mise en scène, The Witch signe l’entrée tonitruante de Robert Eggers sur la scène du cinéma d’épouvante. Venant du théâtre, il est passé à la réalisation avec des courts métrages affichant d’emblée son goût pour le fantastique : Hansel et Gretel (2007) revisite le conte des frères Grimm, tandis que Le Cœur révélateur (2008) s’inspire d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe. Pour The Witch, Robert Eggers souhaite retourner aux sources de l’horreur et se plonge dans les histoires populaires liées au passé de la Nouvelle-Angleterre, région dans laquelle il a grandi. Il se documente sur les procès en sorcellerie et bâtit un récit nourri par ces légendes.

The Witch suit une famille de dévots, excommuniée de son village à cause de son comportement trop rigoriste. Cultivant un lopin de terre pour mener une existence autosuffisante, les parents élèvent leurs enfants dans un puritanisme intransigeant. La disparition soudaine du petit Samuel, laissé sous la surveillance de sa grande sœur Thomasin (jouée par Anya Taylor-Joy), inaugure une série d’événements mystérieux. La jeune fille devient suspecte aux yeux de sa mère, tandis qu’une présence maléfique semble rôder autour des lieux sous la forme d’un bouc. Robert Eggers soigne l’atmosphère visuelle de son film, influencé par les tableaux de Goya et les peintures flamandes du XVIIe siècle, ainsi que par les films d’Ingmar Bergman et Stanley Kubrick. Il demande à son compositeur d’utiliser des instruments d’époque, tandis que son chef opérateur emploie des bougies afin de privilégier un éclairage naturel. Sans effet spectaculaire ni surenchère gore, The Witch doit son pouvoir d’envoûtement à sa manière de faire resurgir des peurs ancestrales.

« Même s’il frôle parfois une forme de raideur arty*, le film sidère par sa capacité à produire des visions de terreurs homériques avec trois fois rien : un jeu d’ombre, une voix off d’outre-tombe, le sifflement du vent et un sens délicat du hors-champ. L’inspiration ici est très claire : c’est le feu originel de l’expressionnisme allemand et de ses monstres naïfs que ravive le cinéaste, de vieux cauchemars enfouis dans la mémoire cinéphile auxquels il redonne toute leur vibration.* » (Romain Blondeau, Les Inrockuptibles, 15 juin 2016)

The Witch
Royaume-Uni, Canada, États-Unis, 2015, 1h32, couleurs, format 1.66

Réalisation & scénario Robert Eggers
Photo Jarin Blaschke
Musique Mark Korven
Montage Louise Ford
Décors Craig Lathrop
Costumes Linda Muir
Production Daniel Bekerman, Lars Knudsen, Jodi Redmond, Rodrigo Teixeira, Jay Van Hoy, Parts and Labor, RT Features, Rooks Nest Entertainment, Mott Street Pictures

Interprètes Anya Taylor-Joy (Thomasin), Ralph Ineson (William), Kate Dickie (Katherine), Harvey Scrimshaw (Caleb), Ellie Grainger (Mercy), Lucas Dawson (Jonas), Julian Richings (le gouverneur), Bathsheba Garnet (la sorcière), Sarah Stephens (la sorcière, jeune)

Présentation au Festival de Sundance 23 janvier 2015
Sortie aux États-Unis 19 février 2016
Sortie en France 15 juin 2016

Distributeur : Universal Pictures France