Un violon sur le toit
Fiddler on the Roof
de Norman Jewison · États-Unis · 1971 · 3h01
Anatevka est un petit village d’Ukraine, où la vie est réglée selon les traditions. Tevye (Topol) y est laitier. Il est un homme bon, à la vie modeste. Sa femme et lui ont cinq filles, mais aucune n’est encore mariée. La veille du shabbat, la marieuse demande la main de l’aînée pour le boucher, vieil homme veuf. La jeune fille lui préfère le modeste tailleur. Ses sœurs également commencent à s’affranchir de l’autorité du père, qui bientôt devra s’adapter au changement…
Avant de devenir le film récompensé de trois Oscars (photo, son et musique), Un violon sur le toit était déjà une histoire à succès. C’est à Broadway – puis bientôt pendant des années à l’affiche de nombreux théâtres à travers le monde – que le grand public découvre cette histoire signée Cholem Aleickem, écrivain né dans l’Empire russe au milieu du XIXe siècle, populaire de son vivant et célèbre pour avoir écrit, autant pour la jeunesse que pour les adultes, en langue yiddish.
Transposant la pièce au cinéma, Norman Jewison choisit de quitter l’irréalisme certain des musicals et tourne en décors réels dans les steppes yougoslaves. Puisant sans excès dans le répertoire folklorique, il réalise le portrait sensible d’une famille et de toute une communauté. Tandis que le monde extérieur bouge, Tevye s’attache aux traditions, demande conseil à son Dieu. Jewison trouve le juste milieu entre la farce et le drame : alors que la rumeur des premiers pogroms se repand, qu’ils vont être chassés de leurs terres et que l’exil sera la seule solution, les personnages refusent le désespoir.
« *La splendide réussite d'Un violon sur le toit ne tient pas tant à la perfection de ses divers éléments (interprétation, décors, sens de la mise en scène, innombrables trouvailles visuelles...) qu'au fait, qu'ici, musique, chant, chorégraphie sont constamment et directement au service de l'émotion : rien de gratuit, rien d'arbitrairement joli, pas d'effet pour l'effet ni de morceau spectaculaire qui viendrait affaiblir la portée dramatique et sociale du sujet […]. Chef-d'œuvre de la comédie musicale, le film de Jewison est aussi, à coup sûr, le premier chef-d'œuvre d'un cinéma authentiquement juif. C'est en cela qu'il nous touche, nous bouleverse, nous soulève comme arrive si rarement à le faire désormais un genre où la technique tient trop souvent lieu d'inspiration et d'âme. *» (Guy Braucourt, Écran n°2, février 1972)
Un violon sur le toit (Fiddler on the Roof)
États-Unis, 1971, 3h01, couleurs, format 2.35
Réalisation Norman Jewison
Scénario Joseph Stein, d’après sa comédie musicale éponyme, adaptée de Tévié le laitier de Cholem Aleickem
Photo Oswald Morris
Musique Jerry Bock, John Williams
Chorégraphie Jerome Robbins
Montage Antony Gibbs, Robert Lawrence
Décors Robert Boyle, Peter Lamont
Costumes Joan Bridge, Elizabeth Haffenden
Production Norman Jewison, Mirisch Productions, Cartier Productions
Interprètes Topol (Tevye), Norma Crane (Golde), Leonard Frey (Motel), Molly Picon (Yente), Paul Mann (Lazar Wolf), Rosalind Harris (Tzeitel), Michele Marsh (Hodel), Neva Small (Chava), Michael Glaser (Perchik), Shimen Ruskin (Mordcha)
Sortie aux États-Unis 3 novembre 1971
Sortie en France 1er décembre 1971
Ayant-droit : Park Circus