Zouzou
de Marc Allégret · France · 1934 · 1h34
Orphelins, Zouzou (Joséphine Baker) et Jean (Jean Gabin) ont été élevés comme frère et sœur par Melé (Pierre Larquey), le directeur d’un cirque. Durant leur enfance, il les présentait au public comme jumeaux, alors que l’une est métisse et l’autre a la peau claire. Avec le temps, Zouzou a développé un amour secret pour Jean. Tous deux se rejoignent à Paris, où Zouzou trouve un travail dans une blanchisserie, tandis que Jean est embauché comme électricien dans un music-hall.
Curiosité aujourd’hui oubliée, Zouzou est surtout connu pour être le premier film parlant de Joséphine Baker. La chanteuse et danseuse est déjà apparue à l’écran à la fin du muet, dans La Folie du jour (Joe Francis, 1927), qui la met en vedette dans un spectacle des Folies Bergères, ou encore La Sirène des Tropiques (Henri Étiévant et Mario Nalpas), une comédie réalisée la même année. Le scénario de Zouzou est adapté d’un roman écrit par l’impresario de l’actrice, Giuseppe Abatino, qui lui a taillé une histoire sur mesure. Interviewée sur le plateau, Joséphine Baker confie sa joie à l’idée de prouver l’étendue de sa palette : « Cette Sirène des Tropiques*, que j’avais tourné voilà bientôt sept ans, n’avait pas utilisé au mieux mes capacités. On y employait uniquement ce que je sais faire sur une scène de music-hall. Je sentais pourtant que je pouvais aussi donner autre chose.* […] Dans Zouzou*, on me donne une chance. Mon rôle a des passages comiques, d’autres sentimentaux. Je pense arriver à montrer que je peux jouer les deux.* » (in Pour vous, 27 septembre 1934)
À l’aube des années 30, Joséphine Baker a triomphé comme meneuse de revue au Casino de Paris, et a rencontré un succès phénoménal avec sa chanson J’ai deux amours, composée par Vincent Scotto, qui signe avec Georges Van Parys et Alain Romans la bande originale de Zouzou. Dans le film, elle joue la sœur adoptive d’un Jean Gabin encore au début de sa carrière. Donnant lui aussi de la voix, il entonne notamment une java, Viens Fifine, au cours d’une séquence de bal.
Les nombreux rebondissements de l’intrigue mènent à une dernière partie principalement musicale, où la mise en scène de Marc Allégret se focalise sur Joséphine Baker, qui se produit dans les décors inventifs créés par Lazare Meerson et Alexandre Trauner. L’artiste interprète d’abord Haïti en se balançant dans une grande cage à oiseaux, avant de conclure par un rappel où elle fredonne, parmi une foule de figurants masculins : « Pour moi y’ a qu’un homme dans Paris, c’est lui / J’peux rien y faire, mon cœur est pris par lui… »
Zouzou
France, 1934, 1h34, noir et blanc, format 1.37
Réalisation Marc Allégret
Scénario Carlo Rim, d’après le roman éponyme de Giuseppe Abatino
Photo Boris Kaufman, Michel Kelber, Jacques Mercanton, Louis Née
Musique Alain Romans, Vincent Scotto, Georges Van Parys
Montage Denise Tual
Décors Lazare Meerson, Alexandre Trauner
Costumes Pascaud, Zanel
Production Arys Nissotti, Les Films H. Roussillon, Productions Arys
Interprètes Joséphine Baker (Zouzou), Jean Gabin (Jean), Pierre Larquey (Melé), Yvette Lebon (Claire), Ila Mecséry (Barbara), Pierre Palau (Saint-Lévy), Madeleine Guitty (Josette), Claire Gérard (Mme Vallée), Marcel Vallée (M. Trompe)
Sortie en France 21 décembre 1934
Label Lumière Classics
Restauration 4K 2026 Cinémathèque française au laboratoire TransPerfect Media, en collaboration avec les Editions René Chateau.
Ayant-droit : La Cinémathèque française, René Chateau.