© Léa Rener - Institut Lumière

MIFC

L’héritage du cinéma taïwanais !

POSTÉ LE 15.10.2026

Créé en 1978, et renommé en 1989, l’Institut du Film et de l’Audiovisuel de Taïwan, le TFAI, fait tout pour sauver sa culture. Son président, Arthur CHU, est au MIFC, pour un focus sur le cinéma de son pays.

 

Quelle est l’action du TFAI ?

À travers la restauration et la digitalisation du patrimoine cinématographique taïwanais, nous préservons l’esprit, l’identité de son passé, à savoir la vie sociale, économique et culturelle de l’île. Nous rendons cette cinématographie accessible au public. 2026 marque le soixante-dixième anniversaire du cinéma en langue taïwanaise. Entre 1960 et 1981, 1200 films en taiyupian (la langue de Taïwan), ont été produits. Le TFAI en a sauvé 200. 

 

Que signifie sauver votre langage ?

C’est préserver le son d’une langue, ses expressions de tous les jours, ses coutumes, sa culture populaire, et rien de mieux pour cela que l’image et le son. Rendre accessible ces films, sauvegarder notre fragile héritage, et le proposer au public, c’est montrer aux nouvelles générations d’où elles viennent, leur offrir la possibilité d’étudier leur passé.

 

En quoi venir au festival Lumière est-il important ?

C’est une belle opportunité de montrer notre cinématographie à l’international. Il y a eu l’âge d’or de notre cinéma, mais aussi des adaptations littéraires, et notre nouvelle vague. Le festival nous permet aussi de montrer notre travail actuel de restauration et de remise en lumière de nos films. Nous rencontrons aussi des distributeurs étrangers, des directeurs de cinémathèques, et d’autres institutions. Nous espérons ainsi mieux faire connaître notre cinéma et l’exporter. 

 

En quoi Osmanthus Alley de Chen Kun-hou (1987) est-il un film clé ?

C’est un bon exemple pour faire connaissance avec notre cinéma. D’abord par sa connection entre la littérature taïwanaise sur la vie quotidienne des Taïwanais et le 7è art. Ensuite par son langage et son héritage culturel, car à l’époque le gouvernement faisait redoubler les films en Mandarin, mais pas celui-ci. Ce film est le fruit, enfin d’une importante période de transformation de notre cinéma. Réalisé dans les années 1980, il appartient au Nouveau Cinéma Taïwanais quand les cinéastes recherchaient plus de réalisme afin de montrer la vérité de la vie quotidienne et des visages d’alors.

 

Quels sont vos prochaines restaurations ?

Nous restaurons entre 10 et 12 films par an dont l’œuvre de Yao Feng-pan, un des maîtres du cinéma de fantômes taïwanais dont le film All in the Dim Cold Night. Nous allons présenter ce projet lors du programme Re-Birth à Lyon afin de montrer la richesse du cinéma de genre de notre pays.

 

Quel aspect de votre cinéma le plus fort à exporter ?

Déjà, le cinéma est un des vecteurs les plus puissants pour exporter une culture et un peuple. Il porte en lui plus que des histoires. C’est toute une mémoire populaire. Se retrouver devant un public international, c’est partager nos expériences de vie à travers le temps. C’est pourquoi la restauration n’est qu’une étape, nous voulons que nos films voyagent, et fassent l’objet de conversations, d’échanges autour d’un patrimoine culturel.

 

Virginie Apiou