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Pousse-pousse

POSTÉ LE 17.10.2026

Homme jeune, franc et net, affichant son surnom Pousse-pousse, sur son t-shirt, un conducteur de triporteur sillonne la ville et discute sans fin d’un seul sujet : Rose, la fille qu’il aime et qu’il entend épouser. Mais c'est sans compter le père de la jeune femme qui se montre toujours plus cupide... 

 

Pousse-pousse est non seulement le premier film camerounais de fiction, mais c'est aussi une œuvre où écouter est primordial, car il s'agit d'entendre dans tous les sens du terme ! Car Pousse-pousse est une chronique sociale, aimable et lumineuse, où l’ouïe est sollicitée en permanence. On découvre les bruits de la ville, des familles, des mots patriarcaux prononcées sans faillir, des échanges amoureux lâchés très doucement, et de la musique. La musique, les chansons de variétés ou celles plus traditionnelles, ainsi que la B.O. du film donnent à cette histoire une identité où la pulsion de vie et d’envies est tout. Et tant pis pour les générations vieillissantes qui veulent obliger Pousse-pousse à toujours se décourager. Restent ensuite les paysages du Cameroun, les corps et les couleurs, captés par une caméra et une lumière, véritablement splendides et fortement contrastées. Images et sons accompagnent ainsi le héros, interprété par le réalisateur lui-même toujours flanqué de son pousse-pousse sur lequel on peut lire la formule new power. Daniel Kamwa impose alors une présence étrange entre joie et gravité sacrée de celui qui ne doute pas et fonce avec la foi.

 

Virginie Apiou