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TRÉSORS ET CURIOSITÉS

La Maison de l’ange

POSTÉ LE 12.10.2026

En 1920, Ana vit une adolescence entravée entre un père affairiste et une mère obsédée par la pudeur. 


Un député, ami du patriarche, s’infiltre dans cette maisonnée. Il est jeune et plutôt beau. Ce qui frappe dans ce drame argentin, c’est le traitement visuel fantasmé, à la mesure de la force de vie empêchée de l’héroïne. L’image est toute en nuances de gris et blanc. Elle laisse en permanence un sillage vaporeux, sorte de brumes où les contours des choses ne sont pas complètement définis. Cela apporte une poésie de conte tout à fait spécial et fait toute l’originalité de cette œuvre sélectionnée en compétition au festival de Cannes en 1957. Et dans les contes il y a du danger, chaque déplacement de la jeune héroïne est un risque mais il faut vivre donc c’est un risque qu’elle prend sans s’économiser. Leopoldo Torre Nilsson le symbolise par un sens du cadre inattendu, entre plan maximal d’un front, caméra sous les visages en plein délires extatiques. La Maison de l’ange est ainsi magnifique par son étrangeté, son vertige. Tout ce qui entoure Ana semble un peu dingue. C’est une société avariée qui frustre tout le monde. Le pouvoir ne sert à rien qu’à pervertir et le corps est au centre de tout surtout quand il est féminin. Au milieu de tout ce dispositif, Ana ne peut être qu’exaltée par cet invisible, cet amour autant charnel que sentimental qu’elle croit être le bonheur, c’est sans compter l’influence dévastatrice de la bourgeoisie ambiante… En perpétuelle mutation, La Maison de l’ange est un trésor à découvrir !

 

Virginie Apiou