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MILITANT

Louis Daquin, le franc-tireur

POSTÉ LE 10.10.2026

Le cinéma de Louis Daquin, une œuvre populaire où le collectif et la solidarité sont rois.

 

Louis Daquin est né en 1908 et mort en 1980. Ce cinéaste au parcours lié à une période de l’Histoire de France : l’Occupation, a mis son esprit de militant de gauche au cœur de son œuvre. Assistant réalisateur Julien Duvivier, Abel Gance et en particulier le libre et onirique Jean Grémillon, Daquin a compris que le cinéma est une aventure souvent poétique, qui ne peut être solaire sans être ténébreuse. Dans les années 1940, il tourne ses films et entre dans la Résistance pour le Parti communiste français. Il compose en même temps qu’il résiste, un cinéma laïque où l’argent ne mène qu’au néant et le collectif, le mouvement solidaire sauvent les destins des personnages. Ce qui l’intéresse est de montrer que le monde des classes sociales peut être transcendé par un respect commun pour la puissance du travail, la camaraderie et le courage. Chez Daquin on croise des ouvriers valeureux, des belles crapules, des jeunes gens amoureux, et des enfants capables de tout. 


Nous les gosses tourné en 1941 explore comment des enfants se battent pour sauver l’un d’entre eux dans une ode à la liberté. Le Voyageur de la Toussaint en 1943, scénarisé avec Marcel Aymé d’après un roman de Georges Simenon, fait le portrait assassin et poignant d’une « famille bourgeoise dans une ville comme La Rochelle », dit à l’époque Daquin. Les Frères Bouquinquant  (1947) est un drame sentimental sur fond de bourgeoisie et de domesticité. Le Point du jour  (1949) fait le portrait d’une communauté de mineurs entre espoirs et ténacité.


Le cinéma de Daquin aborde ainsi tous les genres : la fable, le polar, l’adaptation littéraire en costumes, le drame social naturaliste. Hommes et femmes se révèlent à une stricte égalité d’estime et de mépris selon les histoires. Les Arrivistes réalisé plus tardivement en 1960 est une adaptation féroce de La Rabouilleuse de Balzac. Ou l’itinéraire d’un homme sans scrupule qui se perd au nom de la réussite sociale. Militant sans relâche de la cause humaine, Louis Daquin à travers ses films en a montré ses égarements piteux, et surtout ses envolées sublimes. 

 

Virginie Apiou