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MASTER

Tsui Hark, mythe chinois

POSTÉ LE 10.10.2026

« Je voulais essayer de restituer sur l’écran la magie si puissante du cinéma de mon enfance. »


Le cinéma de Tsui Hark est un feu d’artifice, une profusion de couleurs, d’images, de personnages. Personne ne tient en place, tout le monde se transforme en permanence qu’il soit un guerrier mythique, ou une jeune femme pleine d’allant. L’esprit du cinéma protéiforme de Tsui Hark est à la joie, au gag, au drame, au combat, à la bataille, tout à la fois ! « Son esprit est comme un jeu vidéo » dit du cinéaste Sylvia Chang, une des comédiennes de Shanghai Blues. Au centre de ce jeu : l’histoire de la Chine, ses légendes, ses contes, sa culture, sa société multiple, dont Tsui Hark veut intensément montrer la richesse, l’empêcher de disparaître.


Scénariste, producteur, cinéaste, Tsui Hark est né en 1951 au Viêtnam, dans une famille chinoise. Il s’installe ensuite en Chine, à Hong Kong. À dix ans, il loue une caméra 8mm pour réaliser des petits films d’après des dessins façon comics books. En 1975, il étudie aux USA, travaille sur un documentaire sur l’histoire de Chinatown à New York, From Spikes to Spindles  (1976) de Christine Choy. Il rentre à Hong Kong en 1977. C’est le début de la Nouvelle Vague du cinéma hong-kongais dont il va être un des plus grands représentants !


The Butterfly Murders est le premier de ses presque cinquante films réalisés entre 1979 et 2025. Sa filmographie se compose d’œuvres hybrides qui mêlent plusieurs genres : wuxia, ou arts martiaux, fantastique, historique, horreur, romance, comédie musicale... Des déluges d’effets spéciaux dont il se fait une spécialité, permettent aux héros de bondir plus haut, aux fantômes d’apparaître, au prodigieux de surgir afin d’inscrire toujours plus fort la légende des guerriers chinois mythiques comme dans Zu, les guerriers de la montagne magique  (1983), qui lui apporte la reconnaissance critique et publique. Tsui Hark s’intéresse aussi à la vie contemporaine où son art des ralentis et des cadres désaxés font merveille. On lui doit le thriller subversif et justement dérangeant L’Enfer des armes  (1980), portrait de trois jeunes délinquants à Hong Kong alors sous pavillon britannique, ou le polar d’infiltré, Time and Tide  (2000) qui compte une des séquences de bataille plus ou moins feutrée de nuit, incroyable. 


Le cinéaste livre aussi des blockbusters qu’il développe en franchises magnifiques, qui cartonnent. Les séries des Il était une fois en Chine et les formidables Détective Dee… marquent définitivement son amour pour la culture de son pays et dévoilent toujours davantage sa maestria créative. Porté par mille idées à la minute, le réalisateur nourrit son cinéma autant d’héroïnes que de héros, voire plus, comme dans Peking Opera Blues  (1986) dans lequel les personnages principaux sont deux femmes, dont une qui se travestit pour mieux agir.


« J’évite de trop regarder en arrière, car il y a tellement à faire dans le futur » répond Tsui Hark à un journaliste. Sa rencontre avec le public lyonnais sera l’occasion de lui poser la question des films qu’il a encore et toujours envie de réaliser !


Virginie Apiou